Toujours sur l'excellent Modern Medieval, on notera l'utilisation remarquable que Matthew Gabriele fait de Google Maps pour visualiser la diffusion de l'image de Charlemagne, à partir des textes, faux diplômes et diffusion de la Vita Karoli d'Eginhard (occasion d'apprendre que le nom du fameux biographe se dit plutôt à l'Allemande, Einhard, en anglais).
C'est beau de voir à quel point les médiévistes sont consciencieux. Le livre en préparation de Matthew Gabriele a l'air passionnant. A vrai dire, je regrette que tous ces travaux s'arrêtent au Moyen-Âge : en cherchant, on trouve ça et là des textes sur la revendication de l'héritage carolingien (notamment, pour ma zone de prédilection, sous l'Empire; ou encore la récupération des Libri carolini, en France, à l'époque de la Réforme), mais un gros volume de synthèse, du IXe au XXe siècle, ce serait drôlement pratique.
Google Maps et recherche
Par Raveline le vendredi, 26 juin 2009, 11:46 - Histoire
Nicolas Sarkozy : un nouveau monde, le sien.
Par Raveline le lundi, 22 juin 2009, 18:53 - Dernière heure
Il faut une science nouvelle pour un monde nouveau
Tocqueville, dans l'introduction à la Démocratie en l'Amérique.
A en croire le président de la République s'adressant aux congres au congrès et à l'Olympia, il va nous falloir une pléthore de sciences nouvelles. Sic[1] :
Rien ne sera plus comme avant. (En gras dans le texte d'origine).
Notre avenir se décide maintenant. (Oui, c'est même un peu la définition du présent. Comment ? Le passé, influencer l'avenir ? Vous rigolez, Sarkozy vient de démontrer qu'on peut oublier une tradition vieille de 134 ans, le moment n'est pas à ce genre d'ergotage).
Je ne sacrifierai pas l'investissement parce sans investissement il n'y a plus d'avenir. (Et le but, on vient de le dire, c'est de décider, maintenant, notre avenir, alors forcément.).
Nous devons changer radicalement notre façon de poser le problème. (Mes profs de maths me conseillaient ça aussi, mais ça n'a jamais marché.)
Nous ne reculerons pas sur la règle du non remplacement d’un départ sur deux à la retraite dans la fonction publique. (...) Nous irons jusqu’au bout de la réforme des collectivités locales. (Ooooh ! Vous voulez dire qu'on va aussi couper sec dans la fonction publique territoriale ? Chiche ?)
Nous serons au rendez-vous de la réforme des retraites. (J'adore. Vous imaginez, Natasha Saint-Pier chanter un truc là-dessus ?)
Si nous ne changeons pas nos pratiques, nous continuerons à scander des priorités sans pouvoir les réaliser. (Mise en abîme audacieuse !)
Vous l'avez compris, ce que je vous propose, c'est le mouvement. Ayons le courage de changer. (De président ?)
Vive la France ! Vive la République ! (Ah, ça, on touche pas. Ouf, j'avais peur de me retrouver demain dans un pays tout à fait différent... tiens, tiens, il y a là une idée de billet intéressante...)
Vous l'aurez compris, Bossuet n'a pas encore trouvé son remplaçant. Mais une chose est claire : si tous les discours présidentiels à venir devant le congrès sont de ce tonneau, il va falloir augmenter considérablement le traitement des députés.
Notes
[1] Hélas, on aimerait ajouter transit gloria mundi, mais nous n'en sommes pas encore là
Propagande, programmes et idéologie
Par Raveline le mardi, 9 juin 2009, 11:58 - Journal
Régulièrement, je relis Corto Maltese, et je me dis qu'au fond j'aurais bien aimé naître marin et maltais. Malheureusement, j'ai le mal de mer, et ma désinvolture tient plus de la posture du blasé que du dandysme du gentilhomme de fortune. Alors, tandis que Corto explore son monde de contrastes et, entre les tâches d'encre de chines et les blancheurs, finit immanquablement dans les biffures et rayures, pour ma part, j'explore ce qui est à ma portée. Forcément, c'est souvent moins poétique, beau et exotique, mais on a les aventures qu'on peut.
Pour le moment, mon aventure, si j'ose dire, c'est l'exploration des oraux du CAPES, à venir, et de la fameuse épreuve sur dossier, celle qui ne ressemble à rien d'autre et qui fait trembler le cœur de bon nombres de camarades. Oui, elle est drôle, cette épreuve, et si juste dans son égalité républicaine, n'est-ce pas ?, où on peut à la fois vous interroger sur ces grandes questions - "Pourquoi enseigner l'histoire ?" - comme sur des points techniques - "La notion de géosystème est-elle encore opératoire ?".
Surtout, j'aime à lire le manuel que j'ai consciencieusement acheté, où on m'explique qu'il est bon, qu'il est beau, que la géographie soit enseignée en même temps que l'histoire. Que la France a toujours donné à l'histoire un rôle particulier. Et où les auteurs, qui sont manifestement des gens doté d'un cerveau et de goût, n'en sont pas moins réduits à parler de temps à autres "d'apprenant" (pour ceux qui ne connaissent rien au monde merveilleux de la pensée pédagogique, ça veut dire : élève[1]).
Quand j'étais au collège, je trouvais que mes profs étaient nuls, parce qu'ils ne savaient pas rendre intéressant ce qu'ils racontaient. Pour moi, c'était ça, la pédagogie. Jamais je n'en aurais déduit qu'il fallait donner à l'élève "les moyens de construire son savoir". En fait, c'est même assez vache, comme idée, parce que pour ma part, je n'ai jamais été capable de "construire mon savoir", je ne suis bon qu'à détruire celui des autres, et de retirer, des miettes de ce que j'ai cassé, quelques leçons essentielles. Et d'autres, au contraire, excellent en effet dans cette "construction", souvent parce que ce sont de patients miniaturistes, qui au bout d'un moment, changent d'échelles, et vont, belles encyclopédies ambulantes, accumulant autant de lourdeur que de connaissance avec eux. Oh, ne jugeons pas. Mais oui, c'est bien triste, de voir qu'au fond, l'école qui se veut moderne reste obsédé par une définition uniforme du rapport à la connaissance, fut-elle de rendre ce rapport obligatoirement subjectif.
Une chose qui semble très importante pour cette épreuve, c'est la connaissance des programmes. Dont acte, ces derniers jours, j'ai épluché minutieusement les choses que je devrais inculquer à une bande de pauvres adolescents qui ne m'ont rien fait (mais ça ne tardera pas, soyons en sûr). J'ai ainsi appris que j'avais à peu près quatre heures, en 6e, pour parler de la Chine des Han et de l'Inde classique (sujets sur lesquels je suis, à vrai dire, d'une ignorance insoutenable). Que pour montrer que les sociétés sont inégalement développées (en 5e), il me faudra choisir entre inégalité d'alphabétisation, inégalité face aux problèmes de santé, inégalité face aux risques.
Mais ma préférence dans l'absurde va à cette petite merveille qu'est l'ECJS, Education Civique, Juridique et Sociale. Dans un premier temps, les gens censés (ou cyniques) se disent que nommer l'acte de formation à la citoyenneté au moyen d'un sigle, c'est partir du mauvais pied. Dans un second temps, ils s'aperçoivent que de toute façon, le reste est à l'avenant .Voici, en résumé, ce que le professeur d'histoire-géographie doit enseigner à ses élèves entre 6e et 3e :
- En 6e, éveiller l'identité et la responsabilité, à partir de trois thèmes : le collégien ; l'enfant ; l'habitant.
- En 5e, Diversité et égalité, devant se conclure par une "action solidaire".
- En 4e, Liberté, Droit et Justice.
- En 3e, La citoyenneté démocratique, avec 20 % du temps consacré à "la paix et la sécurité collective" et - j'adore - l'action de la France dans le monde.
Bien sûr, il est interdit de dire à ce fameux oral sur dossier qu'il y a là un tas de connerie redondante avec ce que l'on fait par ailleurs quand on enseigne la place des hommes dans le temps et l'espace, et que prendre cinq minutes chaque cours pour réfléchir à ce qu'on enseigne en histoire et en géographie permettrait de donner autrement plus de couleur à toutes ces notions qu'en faire un cours séparé ; d'ailleurs, on est évidemment censé, pendant ce fameux oral, toujours mettre les choses en perspective par rapport à ce fameux cours d'ECJS. On pourrait aussi citer Michel Leroux qui fait valoir qu'au lieu d'apprendre aux élèves le schéma actanciel, on gagnerait à leur laisser voir qu'il y a des leçons de morales dans la littérature.
Mais surtout, surtout, on pourrait souligner que le programme de 4e, qui contient au fond les choses les plus utiles et les plus importantes, ne devrait d'une part, pas être traité à cet âge spectaculairement ingrat, d'autre part, mériterait d'être traité par des spécialistes. Ah oui, si quelques professeurs de droit (ou au moins les professeurs de SES) venaient enseigner au collège les principes élémentaires du droit, peut-être que cela servirait à quelque chose. Peut-être est-ce plus important qu'un cours d'éducation civique qui semble n'avoir jamais rendu plus civique nombre d'élèves, moi le premier.
Le problème, c'est que la propagande a pour elle le papier glacé, des présentations en deux colonnes assez chic, son idiome délicieux, un ministère, et la force d'inertie. La bonne volonté, et la noblesse d'un Corto Maltese, n'ont aucune chance dans un monde pareil. Parfois, je me dis que si je crois plus aux individus qu'aux systèmes, c'est parce que je n'ai pas le choix.
Notes
[1] Je ne comprend pas ce troc lexical. L'élève s'élève, l'apprenant apprend. Le premier était quand même plus beau, non ?
Wolves at the door - The Path, une expérience vidéoludique
Par Raveline le lundi, 8 juin 2009, 20:33 - Dernière heure
Dans le monde vidéoludique, The Path est la dernière petite nouveauté à la mode, et un des aboutissements les plus remarquables de la vogue de jeux ''indie'' à prétentions artistiques. Et, il faut bien le reconnaître, j'ai déjà joué à des trucs originaux, mais The Path est indéniablement "indépendant".
On pourrait appeler ça "le petit chaperon noir". L'histoire est simple : une famille de six filles de tous âges, dans une ville contemporaine. L'une après l'autre, elles sont envoyées apporter à leur mère-grand alitée de quoi manger. La mère-grand vit à la campagne, au bout du chemin (hence le titre, the Path, le chemin, le sentier). Bien évidemment, chaque jeune fille entend la consigne : ne t'éloigne pas du chemin.
Et on s'en doute, le but du jeu est de s'éloigner du chemin, et de se faire "dévorer" par "le loup", qui prend des formes très variées d'une fille à l'autre. Dans un environnement mi-sinistre mi-féerique, angoissant, servi par une musique excellente, the Path vous propose donc d'envoyer à la mort (ou un équivalent métaphorique) vos héroïnes. Après chaque mort, une scène poético-métaphorique dans la maison de "mère-grand" dévoile un peu le destin tragique des héroïnes, parfois très clair, parfois obscur (d'où la mode, sur le forum de l'éditeur, des interminables discussion sur "qu'est-ce qui s'est passé exactement").
Objectivement, the Path est plus ce qu'on pourrait qualifier "une expérience interactive fondée sur la technologie informatique" que, stricto sensu, un jeux vidéo. D'autres y verront plus simplement, une histoire racontée sous forme informatique. C'est très lent, pas toujours très user-friendly. La volonté de faire un "jeu intelligent" est peut-être desservie par un refus de gameplay sophistiqué et une iconographie très sinistre, à la limite du gothique, qui dessert un peu, à mon sens, le résultat final (d'autant plus dommage qu'à l'inverse, certains aspects sont très bien gérés, essentiellement la différence d'ambiance et de couleur entre "le chemin" et "la forêt" qui le borde, là où il ne faut pas aller et où le loup rôde). Le jeu est indécemment gourmand en ressources matérielles compte tenu du résultat, et je le soupçonne d'être au fond assez mal optimisé, mais une machine relativement récente et décente suffira.
A quelques réserves près donc, le jeu est poétique et nostalgique, fait réfléchir, amuse et angoisse à la fois (de là à dire que c'est terrifiant, il y a un pas que je ne franchirais pas, ceci dit, en jouant de nuit toute lumière éteinte et avec de bonnes enceintes, ça doit faire un certain effet). Et il a argument de poids en sa faveur : son prix, 9,99 $. L'avantage des jeux indépendants... Enfin, vous avez une ''demo'' pour vous faire une idée, et, et, et, ça marche même sous Mac.
Tandis que petit à petit, on constate que le langage du jeu vidéo devient plus mûr, plus évolué et plus subtil, ''the Path'' est probablement une étape importante. Reste à ne pas s'enfermer dans l'illusion selon laquelle "mûr" signifie "sinistre", et en fait de subtilité, la disparition de l'innocence, incarnée par les petites filles, à cause du destin, de la corruption, de la violence, de la cruauté, ou de tout ce qu'on voudra (les loups), laisse dubitatif. Mais, force est de le reconnaître, c'est efficace ; au risque de faire une espèce de soupe bettelheimienne et un jeu à "qui trouvera les symboles".
J'aurais préféré l'originalité et la sobriété du graphisme et des idées du clip ''A wolf at the door'' de ''Radiohead'' qui est quand même formidable, et sur lequel je vous laisse. Mais il faut tout de même le reconnaître : the Path illustre bien l'idée que le jeu vidéo n'est pas simplement un divertissement abrutissant et destiné à des pré-pubères boutonneux. Reste à réconcilier l'idée qu'on peut faire un jeu qui soit une oeuvre d'art, sans sacrifier la notion de gameplay.
Trois leçons tirées des élections européennes
Par Raveline le lundi, 8 juin 2009, 13:54 - Dernière heure
1. La présentation de listes nationales est désastreuse. Il m’a beaucoup chagriné, hier, d’entendre triompher les membres de l’UMP, qui faisaient un triomphe d’une réalité statistique (la victoire inédite d’un parti au pouvoir aux élections européennes). En réalité, l’UMP a failli, comme tous les autres partis, lorsque l’abstention continue à augmenter. Il est aberrant d’entendre Xavier Bertrand louer la campagne « européenne » de son camp, dire qu’ils n’ont en rien « nationalisé » le scrutin, quand lui-même et tout son parti n’avait à la bouche que « l’excellente présidence » de l’Union par la France. Certains n’ont pas oublié qu’à cette occasion, Nicolas Sarkozy voulut continuer plus longuement que le temps qui lui était réservé, et peuvent juger si c’est bien là l’acte d’un véritable européen. Mais l’UMP, lucide quand à son arme fatale, a bien dit : plus que de « nationalisation » on a assisté à une « sarkozysation » du suffrage. Ce qui a servi la liste Europe Ecologie, ce n’est pas la petitesse des attaques prononcées, d’un côté comme de l’autre (le minable vs. le pédophile). C’est la remarque de Cohn-Bendit : l’omni-président et l’omni-opposant. En véritable européen, il a donné à tous une leçon sur le scrutin.
Je n’ai pas voté pour une liste européenne (ni Newsropean ni évidemment Libertas), parce qu’elles représentaient des positions minoritaires et ne correspondaient pas aux vrais groupes d'importances en Europe. Mais la présentation de véritables listes européennes, sous étiquette PSE, PPE et autres, serait un point gagné pour la visibilité et la lisibilité de l’Europe.
2. La multiplication des listes est désastreuse. Outre qu’elle permet l’expression de dangereux imbéciles (liste antisioniste) et de démagogues excités, au demeurant fort éloigné du « peuple » qu’ils prétendent servir (liste Libertas, mené par un milliardaire et un homme d’un autre siècle), elle ne répond à la logique consensuelle du parlement européen, qui fonctionnerait infiniment mieux au rythme du bipartisme. Le choix des proportionnelles à un tour me paraît donc à revoir, quitte à réorganiser, à Strasbourg, la manière dont les groupes fonctionnent. La lisibilité d’un enjeu parti contre parti aurait en outre pu faire barrage à la reconduction de Barroso, bien que selon Jean Quatremer, rien n’est encore perdu sur ce front.
3. L’opposition demeure d’une lâcheté incroyable sur la fin de la nation, qu'elle n'est pas capable d'affirmer haut et fort. C’est, à mon sens, l’angle d’attaque qu’aurait du privilégier le Parti Socialiste (ainsi, jusqu’à un certain point, que le MoDem et Europe Ecologie). La défense de la solidarité et de principes fondamentaux ne peut accepter le sens dans lequel Nicolas Sarkozy réinjecte de la nation en Europe. Au lieu de faire le sourd, le muet, le discret sur la politique d’immigration et l’entrée de la Turquie en Europe, le P.S. pouvait courageusement monter au front en défendant jusqu’au bout, d’une part, une politique d’immigration plus généreuse ou au moins menée avec d’autres méthodes que celles auxquelles on a assisté en France (mais personne pour jeter cela à la figure de Brice Hortefeux, bien sûr) ; d’autre part, la nécessité et l’utilité de l’intégration de la Turquie en Europe. En refusant de mettre ces sujets au centre de la campagne, et de convaincre les électeurs que le refus de l’entrée de la Turquie (à terme) était incompatible avec le développement de l’Union, le P.S. a raté une occasion d’avoir une vraie bataille politique.
Le sens des proportions
Par Enilevar le jeudi, 28 mai 2009, 10:27 - Dernière heure
Dans un moment de masochisme rare, je me suis tapé les 43 commentaires du billet de Guillermo consacré à Julien Coupat (en plus, il va sans dire, du billet qui se tenait juste au-dessus). J'ai également lu les analyses de Koz, Baroque & Fatigué, et Anniceris.
Il va sans dire que je ne vais pas ajouter à tout cela une ligne d'analyse sur la prose de Coupat, et ce pour deux raisons extrêmement valables :
- Je n'ai pratiquement rien compris à ce qu'il racontait, sauf quelques passages, ceux les plus cités, où il tentait d'avoir du panache. Il a intérêt à être innocent, parce que le panache du révolutionnaire sabotant des trains, ça me laisse dubitatif.
- Je hais le situationnisme, parce que je n'y comprend rien. Et, pardon pour mon arrogance, mais je pense que c'est plus la faute du situationnisme que la mienne. D'ailleurs, je suis étonné de trouver tant d'experts situationnistes dans la blogosphère : tout ce petit monde savoure des références debordiennes comme s'ils goûtaient un grand cru.
Est-ce que Coupat est coupable ? Je n'en sais rien, je pense que oui, et ça n'est pas la question que je me pose ici. Est-ce que les actes qui lui sont reprochés tombent sous la définition du terrorisme ? La loi française en a une définition très large, alors plutôt que de dire que la société est fasciste, on peut tout à fait faire du lobbying pour préciser cette définition. Est-ce que qu'il y a lieu de se scandaliser de cette histoire ? Non.
Parce qu'après avoir lu tous ces articles, je suis tombé entre autres nouvelles, sur cette manifestation de soutien à Aung San Suu Kyi. Et je me suis rappelé ce qu'était vraiment un régime injuste et une incarcération scandaleuse. Alors, vous m'excuserez, mais faire quatre page sur un "héros" qui n'est jamais qu'un type qui se masturbe intellectuellement, dont la prose soporifique suscite l'admiration de gens qui n'ont pas trois sous d'imagination et qui n'ont probablement pas plus pigé Debord que moi-même, à côté des quatre pages qu'il y aurait à faire sur Aung San Suu Kyi, ça me laisse songeur. Franchement, si le spectacle de notre société, c'est la lutte d'un "héros" saboteur de train contre la méchante police française, il y a effectivement de quoi se flinguer (mais je n'irais pas pour autant saboter des lignes de chemin de fer).
Guillermo, qui n'est pas un imbécile, met au centre de son billet sous cette question : "Ce qui est curieux, finalement, c'est qu'on n'entende pas plus souvent parler d'aliénation."
Ce qui est curieux, c'est que ceux qui voient partout de l'aliénation soient incapable de distinguer, dans la société contemporaine, tout ce qu'elle apporte pour l'émancipation. Et quand je vois Koz, ou Baroque & Fatigué, dire qu'ils sont d'accord sur un point avec Coupat (en gros, la société moderne, c'est pas bien), j'en arrive finalement à cette conclusion : Coupat, ça n'est jamais qu'un grincheux.
"Reconnaissons que ça claque", dit Guillermo. Voyez-vous, autant voir régulièrement la presse parler de la "grogne", que ce soit pour les universitaires, les ouvriers, les syndicalistes, que sais-je, bref, autant ce terme et son emploi m'énerve, autant je trouve qu'il identifie parfaitement la démarche de Coupat.
L pour Lamentable
Par Raveline le jeudi, 21 mai 2009, 17:58 - Dernière heure
Comme certains blogueurs, je reçois régulièrement les emails de "L pour Libertas", cet "anonyme" individu qui pousse le militantisme jusqu'à consacrer bénévolement son temps à faire des doublages de films (oui, cette phrase est ironique). Je n'ai rien, en soi, contre le groupe politique Libertas, à part que je ne suis pas du tout d'accord avec eux, mais c'est un autre problème.
Voici un mouvement qui, dans notre beau pays, est essentiellement représenté par Philippe de Villiers, chantre des valeurs nationales et patriotiques, contempteurs des mosquées souterraines de nos aéroports, allié pour l'occasion à "CPNT", Chasse, Pêche, Nature et Tradition, tout un programme. Bref, on est en théorie dans une ambiance assez vieille France.
Or, les fameux clips Libertas (non, pas de liens), que reprennent-ils ?
- Star Wars (épisode II, sauf erreur), l'un des éléments de base de la culture populaire américaine.
- X-Men 3, une surproduction fondée sur un comics célèbrissime (et que j'aime bien, d'ailleurs, je l'avoue volontiers).
- 300, une surproduction fondée sur l'un des meilleurs auteurs de comics américains, Frank Miller (bien que j'avoue ma préférence pour Batman Dark Knight, non, non, pas le film, surtout pas le film, malgré la qualité de son Joker).
- James Bond, ce concept délicieusement british peu à peu récupéré par les américains (EON est une fililale de Danjaq, holding américaine, et Robert R. Broccoli est de même un sympathique yankee). Et, là encore, je l'avoue, un film que j'ai beaucoup aimé, Casino Royale, qui remontait d'un certain cran le niveau général des derniers James Bond.
- Troie, film américain (réalisé il est vrai par un Allemand, et contenant le fabuleux Peter O'Toole, charmant produit des hybrides anglo-irlandais, à qui nous devons une quantité de génie assez impressionnante).
- On pourrait ajouter le logo de L pour Libertas, clairement emprunté à V for Vendetta (qui est, pour le coup, en ce qui concerne le cinéma, un massacre d'une excellent bande dessinée britannique, par les très désormais on ne peut plus hollywoodiens frères Wachowski). (Idem pour son acolyte "Captain Europa").
Qu'on ne se méprenne pas : je n'ai rien contre tous ces films (à part que la nouvelle trilogie Star Wars est un affront faite à la première, et que X-Men 3 se vautrait là où ses prédécesseurs parvenaient à rester convenables). Je n'ai rien non plus, en soi, contre le fait de détourner ces films. Mais je ne vois pas vraiment la cohérence, pour un groupe qui veut se présenter comme un parti européen, composé de souverainistes d'appuyer sa campagne sur le box-office d'outre-atlantique. Faut-il y voir un sens de la dérision exceptionnel ? Un message fort, comme quoi, l'Europe, c'est l'Amérique (la preuve, on veut nous dépouiller de notre rosée national, hein, merde, quoi, c'est un truc d'amerloque, ça, de pas avoir de vrai bon vin de chez nous, hein[1]) ?
Oui, ça doit être ça : de l'humour profond et subversif. Bon, ça n'est pas transparent au premier abord (je dois dire que les clips de Libertas ne me font pas rire, et pourtant, je suis plutôt bon public). Et moi, qui, bêtement, avec mes a priori, m'imaginer que l'ambiance "vieille france" nous offrirait, je ne sais pas moi, non, pas Amélie Poulain, mais un Renoir, un Resnais... ou les Tontons Flingueurs, tiens.
Ah non, pas les Tonton Flingueurs ! Vous pensez, un film avec une star d'origine italienne, un méchant Allemand comme on en fait plus, le tout en France, et du reste produit par des sociétés de ces trois pays, les gens risqueraient de se dire que ce qu'on produit est mieux quand on le fait à plusieurs. Et même, ils pourraient se dire que la bonne vieille culture française est un mythe.
Tiens, sur IMDB, en regardant un peu ce que les gens disaient sur les Tontons Flingueurs, je tombe sur ce commentaire de quelqu'un qui a un pseudonyme fort délicat (sic, "discreetcharmofthevagina"), et qui écrit depuis les USA :
It seems like everyone makes a big deal about having to speak french, understand older french slang, etc. in order to enjoy this movie. I know about ten words of French, and still found this movie hilarious. (On dirait que tout le monde dit qu'il faut parler français, comprendre le vieil argot, etc., pour apprcier ce film ; je connais dix mots de français en tout et pour tout, ça ne m'empêche pas de le trouver hilarant).
Et de conclure :
It is a classic comedy that transcends language barriers. (N.B. : Là, je ne traduis pas. Si vous ne comprenez pas un truc aussi transparent, je ne peux rien pour vous.)
Vous voulez que je vous dise ? I love America.
Notes
[1] Oui, ami lecteur qui partage mon sourire narquois, plaignons ceux qui n'ont jamais goûté un vrai bon vin californien.
Reader Digest
Par Raveline le lundi, 18 mai 2009, 12:32 - It's a Geek world
Je sais, je ne blogue pas beaucoup en ce moment. La liste des raisons est longue, et je vous l'épargne. (Oui, entre autre, la préparation de mon billet sur Marc Bloch). Donc, en attendant, voici quelques lectures intéressantes en ce beau lundi :
- Sciences humaines et université de Verel (merci de me remonter le moral, cher Verel), vision qui semble s'opposer à celle de notre bon premier ministre, voir ce très bon billet de Tom Roud (merci de me remonter le moral, cher Tom).
- A propos de Tom Roud et de Marc Bloch, la premier cite le second dans un commentaire, voyez ces excellentes réflexions de Bloch (pour les plus pressés, faites une recherche à "bachotage". Je retiens comme suprême la phrase suivante :
Ainsi un chien savant n’est pas un chien qui sait beaucoup de choses, mais qui a été dressé à donner, par quelques exercices choisis d’avance, l’illusion du savoir.
Ce qui est un peu le sentiment que me donne l'agrégation (à quelques réserves près : l'agrégation a l'avantage de donner beaucoup de méthode, mais trop de méthode finira par nous tuer).
- Pour mes amis archivistes, historiens, libraires et geeks, le NYT vous invite à réaliser l'ultime fusion et à être bien payés. (Pas en France, of course). C'est par ici.
- Koz, maintenant qu'il est mariée à une agrégée (et encore toutes mes félicitations, j'abhorre le concours, j'en respecte les diplômés), frime en montrant qu'il connaît le mot "sycophante" (si quelqu'un a une explication, à propos, à la transformation antithétique de ce terme en anglais, je suis preneur), mais force est de reconnaître que c'est un billet remarquable sur les limites de l'approche conceptuelle des civilisations (et de leur prétendu affrontement programmé). (N.B. : un sycophante, cher lecteur qui a oublié cette exquise "profession", c'est quelqu'un qui montre sa figue (littéralement : de sykon, la figue, et phanein, montrer) pour ramener sa fraise, et généralement, pour que quelqu'un s'en prenne plein la poire. Plus techniquement, c'est un délateur professionnel en Grèce Antique, une profession qui se pratiquait également au XVIIIe siècle).
- Et tant qu'on est à causer choc des civilisations, un excellent billet de Modern Medieval, sur un thème voisin du précédent.
Et je vous laisse sur cette remarque très profonde de Boris Pasternak, dans son poème Hamlet (normalement, je ne lis pas les poèmes avec un titre pareil, mais j'ai fait une exception) :
Vivre, ce n'est pas franchir un champ.
"+1, Boris", comme on dit.
Douze Quatuors
Par Raveline le dimanche, 3 mai 2009, 17:58 - It's a Geek world
Afin de me faire pardonner pour mon retard à publier un billet sur Marc Bloch, je répond à une chaîne de format assez classique. Et c'est bien pour faire plaisir à Camille de Carnets baroques. (D'ailleurs, il me semble que j'ai aussi une chaîne de retard vis à vis de Koz... oublions rapidement tout cela).
Alors... par le menu...
Quatre jobs que j'aurais aimé exercer.
Ca commence mal. Déjà, dans l'absolu, pour le moment, avoir un job, ça ne serait déjà pas si mal. Bon, ne grognons pas et répondons.
- Chef d'orchestre. Je suis persuadé, dans ma naïveté, que c'est le plus beau métier du monde. Merci de ne pas me contredire.
- Médecin légiste, pour faire de l'humour macabre et me coller autant que possible au stéréotype.
- Député américain, pour pouvoir faire un filibusting héroïque et légendaire.
- Scénariste pour séries télévisées françaises, dans l'espoir d'en relever le niveau.
Quatre films que je connais par cœur.
Par cœur, vraiment par cœur, aucun. Dont je peu réciter des morceaux (ce qui ne signifie pas nécessairement que je les aime) :
- Pulp fiction, de Tarentino, à cause d'un rituel que j'avais avec un ami, qui consistait à le revoir très régulièrement. Et parce que c'est un film génial, quand même.
- Beaumarchais l'insolent, à cause d'un rituel que j'avais avec ma soeur, qui consistait à le revoir tous les ans. Et parce que Luchini était encore jeune et ne surjouait pas. Et que ça se passe au XVIIIe siècle. Et que ça s'arrête avant la Mère Coupable, et heureusement.
- The talented M. Ripley (oui, celui qui est passé sur Arte, il y a peu), à cause d'un rituel que j'ai avec mon amie, et qui consiste à le regarder régulièrement. J'imite à la perfection le moment où Jude Law dit à Matt Damon : "Spooky, ky-ky ky, ky-ky ky" avec un fondu accoustique génial sur une batterie jazz.
- The man who knew too much, parce que pour des raisons mystérieuses et aléatoires, j'ai été amené à voir ce film au moins huit ou neuf fois dans ma vie - alors que ce n'est pas mon Hitchcock préféré (mais il y a un plan génial avec les cymbales fatidiques des deux côtés qui est vraiment génial). Et parce que j'aimerais bien parler anglais comme James Stewart (qui parle, il faut bien le dire, très bizarrement).
Quatre livres préférés
C'est pas possible, c'est un type qui ne lit pas beaucoup qui a fait ce questionnaire. Quatre ? Que quatre ? Et puis quel genre de livre ? Bon, aujourd'hui, à l'heure à laquelle j'écris, la liste ressemblerait un peu à celle-là, mais elle variera probablement dès demain.
- Catégorie roman : Anna Karénine (au coude à coude avec Moby dick, La chartreuse de Parme et L'éducation sentimentale, oui, j'ai des goûts très classiques en roman).
- Catégorie poésie : Les Cantos d'Ezra Pound. Non que je prétende les comprendre. Et oui, ça fait vachement crâneur de mettre ce livre parmi mes préférés. J'assume.
- Catégorie essai : La crise de la conscience européenne, de Paul Hazard, qui est le modèle absolu d'un bon livre d'histoire à mes yeux.
- Catégorie théâtre : La vie de Galilée de Brecht (au coude à coude avec la Tempête, et La vie est un songe).
Quatre émissions ou séries
- The Daily Show et le Colbert report, en bon geek qui se respecte. Voilà pour les émissions.
- The Wire, la meilleure série de tous les temps.
- Le prisonnier.
- Euh... après, si on enlève toutes les séries franchement mauvaises (Alias), mauvaises (Lost), qui auraient pu être bonnes (Damages), qui ont des défauts vraiment rageants mais qui sinon seraient très bien (The West Wing)... mais que j'adore regarder, avouons-le... ah, si ! Arrested Development, la série la plus drôle qui m'ait jamais été donné de regarder.
Quatre endroits où j'aime passer mes vances
Euh... je voyage très peu, et puis les vacances de mes rêves, je ne peux pas me les offrir... alors nous considérerons que la question est posée au conditionnel.
- Chez moi, parce que j'ai quand même horreur de voyager.
- En Ecosse. Je ne sais pas vraiment pourquoi.
- En Italie, pour des raisons évidentes (non, Koz, non Camille, non chers lecteurs catholiques, pas le Vatican, non...).
- A Vienne. Parce que j'aime le kitsch, les névroses, la décadence et la valse.
Quatre sites webs que je visite régulièrement
Quatre, seulement ?
- Bon, Netvibes, forcément, mon agrégateur étant l'équivalent mutatis mutandis de mon cerveau en matière informatique.
- Bonpourtonpoil, même quand il ne poste pas, parce qu'il y a toujours quelqu'un à qui j'ai envie de lire un de ses billets (quand j'y arrive, c'est à dire si je ne suis pas en train de m'effondrer de rire, perdant tout sens de la dignité).
- La FAZ, dans l'histoire d'arriver à lire ce journal sans l'aide d'un dictionnaire.
- Le PONS (v. ligne précédente).
Quatre plats que je ne mangerais jamais
Il ne faut jamais dire : fontaine, comme disait la Fontaine, ce qui est d'ailleurs compréhensible de la part du fabuliste, qui aurait du mal à ne jamais dire son nom, mais on s'égare. Tenez, pas plus tard qu'hier, j'ai mangé mon premier steak tartare, qui était drôlement bon (merci encore au cuisinier, il se reconnaîtra). Vous voyez, c'est pour ça que je ne parle pas beaucoup de moi sur ce blog : j'ai pas une vie palpitante. Bon, prenons ce qui a vraiment peu de chance d'arriver :
- Les huitres, et tout ce qui est vivant au moment où on le mange. Je ne pourrais pas être une baleine.
- Tout ce qui est à base de rhubarbe, suite à une expérience traumatisante que je ne raconterais pas ici sous peine de perdre le bienfait de plusieurs années de thérapie.
- Tout ce qui est à base d'insecte.
- Un autre être humain ? Je veux dire, dans la mesure où les chances que je me retrouve dans une expédition désespérée sont assez rares, bien sûr.
Quatre plats que j'adore
Et ici le lectorat découvre effondré que je suis un amateur de junk food.
- La pizza 3 fromages "bio" de chez Picard. (Le "bio" est un prétexte scandaleux pour en augmenter le prix ; je m'en contrefiche, qu'elle soit bio ou pas, c'est juste qu'elle est vraiment bonne).
- Le foi gras, ce qui n'est pas très original, j'en conviens.
- Un bon steak et des frites. Oui, j'ai des goûts simples.
- La noisette d'agneau enrobée de panure. Oui, j'ai des goûts sophistiqués.
Quatre endroits où j'aimerais être en ce moment
Ah, zut, j'y ai un peu répondu avant, ça. Bon. Là, comme ça, là ? Ok.
- Un endroit dont je ne me souviens pas le nom en Bourgogne, pour des raisons très précises.
- Rome. Parce que dans la vie, il faut aimer les classiques.
- Bruges. Parce que je ne me souviens absolument plus de ce à quoi ça ressemblait quand j'y suis allé la première fois, et ça m'énerve.
- Tolède. Parce que j'aime bien ce nom. C'est mon Parme-de-Proust personnel.
Quatre personnalité actuelles ou du passé que j'aimerais rencontrer.
Entre autres :
- Louis XV, pour des raisons très prosaïques expliquées ici.
- Emmanuel d'Astier de la Vigerie (1900-1969), parce que ça avait l'air d'être un sacré type.
- Daunou, parce que ça m'aiderait drôlement pour mon hypothétique thèse. Et parce qu'il avait l'air bien sympathique.
- César, pour le prévenir. Parce que c'est vraiment moche de tuer un type pareil comme ça. Et pour voir ce qui se serait passé. (Sans doute rien, je ne parle pas assez bien Latin).
Quatre voeux pour l'année prochaine.
- Avoir un travail, si possible pas trop dur (type : prof dans le quatre-vingt treize). Ou une allocation de thèse.
- Que la crise s'arrête, et que tout le monde s'aime dans le monde, et qu'il n'y ait plus de pauvreté, ni de grippe porcine, ni rien de ce genre. Oui, je suis très altruiste (en fait non, je culpabiliserais de ne pas dépenser un de mes voeux de cette manière, c'est juste de la mauvaise conscience). Ce voeux est de toute façon une mauvaise idée, comme tout fan d'X-Files le sait ; d'ailleurs, l'épisode où Mulder rédige un voeux sous forme de contrat complexe est probablement l'un des plus drôles qui soit malgré sa fin convenue.
- Être repéré par un universtaire anglo-saxon qui me dirait qu'il aime beaucoup ce que je fais et qu'il aimerait que j'enseigne même à un tout petit poste de rien du tout dans son université, pendant que je pourrais y faire ma thèse. Ou alors, que l'agrégation n'existe plus, que mon directeur de recherche puisse me prendre en thèse sans problème, et que son centre ait les moyens de me financer. Oui, je suis un peu monomaniaque.
- Avoir, une heure, rien qu'une heure, une heure quelque fois, l'impression d'être utile.
Quatre centre d'intérêt ou d'activité.
- La Révolution Française (oui, bon, c'est pas une grande surprise).
- Le jeu de rôle.
- L'écriture.
- La paresse, hélas.
Voilà. (Il est long, ce test). Maintenant, ayant accepté ma pénitence (tout en ne croyant pas une seule seconde à la justification par les oeuvres...), je me replonge dans le silence (et la lecture de Marc Bloch). Et non, je ne refilerais pas cette chaîne, qui est d'un intérêt tout de même assez relatif. Puissiez-vous vivre des temps intéressants, et tout ça.
Grippe, histoire et service public
Par Raveline le mercredi, 29 avril 2009, 17:15 - Dernière heure
Via World History Blog, je tombe sur ce site proprement fascinant consacré à la grippe espagnole aux Etats-Unis, entre 1918-1919.
Deux remarques :
1°) Ce site est drôlement bien fait (voyez notamment la possibilité d'avoir un rapide aperçu, Etats par Etats), tant sur la forme que sur le fond. Depuis les détails sur la grippe au contexte général de 1918, un excellent travail de vulgarisation
2°) Ce site est réalisé par le ministère américain de la santé. Une très bonne initiative, où historiens, médecins et administrateurs peuvent servir la communication de ce ministère.
Il faudrait ce genre d'initiative en France.
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