La semaine touchant à sa fin, il est de mon devoir d'Aider Mes Pauvres Lecteurs. Las, point de requête google sortant de l'ordinaire, j'ai du creuser dans les archives de Google Analytics pour trouver quelque chose. Quel n'est pas mon bonheur de trouver cette recherche désespérée qui amena sur ce blog : "avoir un vrais balai magique qui vole" (sic, comme d'habitude).

Balai (qui peut s'écrire balais, semble-t-il, y compris au singulier) magique qui vole ? Hmm... je ne veux pas faire preuve de mauvaise volonté, mais là vous m'en demandez beaucoup, cher utilisateur de google. En effet, eussiez vous demander un "balai qui vole" tout court, j'aurais peut-être pu vous répondre. Mais un "balai magique qui vole" ? Pourquoi diable voulez-vous à tout prix qu'il soit magique ? Enfin, je ne suis pas là pour juger. Sans doute vous aussi, lecteur[1], sentiez vous des frissons de plaisir en lisant J.K. Rowling, et regrettiez-vous de ne pas avoir un nimbus 2000 ou autre merveille.

Que puis-je faire, alors, pour Aider Mon Pauvre Lecteur ? Tout d'abord féliciter sa confiance en la technologie. L'espoir qui vous anime en écrivant cette phrase sous google est tout à fait méritoire. Notez que cela nous indique qu'au temps de l'alchimie, google aurait fait des ravages ("transformer du plomb en or"... "pierre philosophale pas chère"... note aux médiévistes qui tomberaient sur ces lignes : je sais que je caricature). Ensuite, m'interroger avec vous sur le mythe du balai. Lecteur, si vous êtes une lectrice, ne bouillonnez point à me lire, mais il faut reconnaître que dans les temps jadis, le balai était plutôt un attirail féminin.

Or il ne vous aura pas échappé que le balai est à l'origine une histoire de sorcière, et que les sorcières sont des femmes (nous avançons). Mais le balai est également, de par la forme de son manche, un léger rappel des attributs virils qui font l'orgueil et la joie des membres (si j'ose dire) du sexe masculin. Faut-il voir là, au risque de nous transformer en psychanalyste de comptoir, une prise du pouvoir phallique par les femmes, dans leur vol ténébreux vers quelque sabbat ? A lire certaines indications de cette page, il paraît évident que J.K. Rowling a du élaguer de nombreux détails. Vous noterez que ce site insiste sur la nécessité d'un onguent dont il faut lourdement charger le balai. Peut-être est ce par là qu'il faudrait commencer vos recherches.

Une autre explication serait que le balai évoquait les humbles origines de celles qu'on considérait comme des sorcières (les cas de sorcelleries dans la bourgeoisie et la noblesse ne sont pas inexistants, mais ils sont extrêmement rares). Ou, mais là mes modestes connaissances sont déjà épuisées, peut-être trouve-t-il son origine dans certains cultes païens et archaïques, ou quelque objet de culte ressemblait vaguement à un balai ? Comme vous pouvez le voir, je ne peux pas vous offrir grand chose comme élément de réponse (sinon de chercher du côté des onguents, sait-on jamais). Sinon, si vous êtes prêt à renoncer à la magie, attendez que la technologie accomplisse son oeuvre, puisque vous vous fiez déjà à google. Il paraît que la cape d'invisibilité sera bientôt là, le balai volant ne saurait tarder.

Notes

[1] A la différence de certains avocats et juristes, je présume que les lecteurs envers lesquels j'adopte un ton pontifiant sont des hommes ; ou plus exactement, j'emploie le neutre pluriel à forme masculine.