Histoire du royaume de France dans l’antiquité terrienne, par Zorglub d’Ufol la Troisième (4)
Par Raveline le lundi, 2 juin 2008, 16:36 - Zorglub - Lien permanent
Ségolène Royal brigua la charge de monarque élective contre Nicolas Sarkozy en 2006. Il s’agit assez probablement d’une aventurière en politique : elle parvint à récupérer des terres à l’UMP, dans le Poitou, d’où elle tira une grande renommée. Forte de cette victoire, elle employa l’archaïsme de son pays à son propre profit.
En premier lieu, elle avait compris que l’absence total de notions politiques fixes dans le Royaume créait une règle d’or en politique : l’important était d’occuper le terrain[1] En d’autres termes, pousser la France vers la politique n’était pas la meilleure manière d’arriver sur le trône ; il fallait plutôt revenir à la dimension religieuse initiale. Son concurrent dans l’aristocratie adverse procédait à peu près de la même manière, en évangélisant brutalement les marges des cités du Royaume. Il ne suffisait plus de paraître, il fallait carrément apparaître. Ce grand recul mystique au début du XXIe siècle apportait son lot d’amélioration ; le retour au dogme avait pour mérite d’essayer d’unifier un peu les familles. Malheureusement, cela était fait avec un tel manque de profondeur et un tel goût de l’opportunité, que l’apparente homogénéité masquait en réalité des dissensions internes. Ségolène Royal sut certainement apparaître : c’est probablement parce qu’on ne s’attendait guère à sa venue dans la course pour le trône qu’elle parvint à évincer ses adversaires au sein du PS. Après tout, puisqu’il existait une compétition pour le pouvoir, il fallait offrir quelque chose qui manquait à l’adversaire. Depuis presque cinq ans, on savait bien que les aristocrates de l’UMP soutiendrait Nicolas Sarkozy. Le PS ne pouvait donc compter que sur la surprise. Pour surprendre autant que possible, au lieu de choisir un des plus éminents barons, on se reporta soudain sur une figure qui n’avait été jusqu’ici qu’une intervenante de second plan.
En deuxième lieu, il fallait non seulement apparaître, mais aussi offrir une liturgie simple, susceptible de rallier le plus grand nombre. Il semble que Ségolène Royal ait beaucoup insisté sur la symbolique. Ses partisans s’offusquaient de ce que l’on se concentra, lorsqu’on analysait le personnage, sur sa gestuelle et son costume. Mais au lieu de voir cela comme un symptôme de ce qu’elle n’avait pas grand-chose d’autre à offrir, ils estimaient que c’était la preuve qu’on ne la prenait pas au sérieux[2]. Le cérémonial simple et relativement dépouillé du culte royaliste aurait pu être un retour au source providentiel pour le PS.
Malheureusement, les liturgies sophistiquées de l’UMP parurent plus du goût des habitants du Royaume. D’autant que le rigorisme de Ségolène Royal semblait parfois démodé aux yeux des Français[3]. Ce rigorisme est d’autant plus difficile à comprendre qu’il s’accompagne d’un mode de vie clairement dissolu selon les critères terriens : il semblerait qu’elle favorisait un certain hédonisme. Elle vivait sans être mariée avec un grand marquis du PS, François Hollande ; plusieurs sources nous rapportent une relation adultère avec le mythique François Bayrou (mais il semble qu’elle lui ait reproché un certain manque de virilité[4]). Peut-être avait-elle un goût pour les François ? Un troisième François, dit Rebsamen, était du reste de son entourage. Peut-être enfin que ce que nous prenons pour un prénom, « François », n’est qu’une expression archaïque désignant un Français, et qu’il s’agissait de roturier gravitant autour d’elle.
Il est difficile de placer des concepts politiques essentiels sur la pensée de Ségolène Royal. D’après ce que Zorglub comprend des sources, il s’agissait essentiellement de refonder la religion du royaume et la nation, en organisant de grandes cérémonies communes appelées « Etats Généraux ». De transes mystiques réalisées à l’occasion de ces grandes messes devaient sortir des prophéties montrant le chemin. Plutôt qu’une politique, Ségolène Royal offrait un mode de vie, une morale : il fallait être « utile », « serein » ; on se devait de « désirer l’avenir » ; on doit sourire en toute occasion, même en cas de défaite. D’où tirait-elle ces règles de vie ? Une hypothèse a été émise par le doyen Ubarg Gargl, qui pense que les terres poitevines, d’où venait le baron UMP Jean-Pierre Raffarin, avaient été traversées par un courant culturel et religieux nommé la « positive attitude ». En s’emparant des terres de Raffarin, Ségolène Royal avait sans doute repris à son compte l’œuvre des intellectuels ayant conçu ce courant. On a souhaité, semble-t-il, transmettre au bas peuple ces perles de la pensée française, en chargeant les chansonniers qui divertissaient les foules de répéter ce mot d’ordre. D’après Trâbg d’Ufol la Première, Ségolène Royal aurait même rédigé une règle monastique. Mais Zorglub pense que le « Pacte présidentiel » qu’elle aurait écrit était plus probablement une charte octroyée à ses partisans : de même que les français se cachaient à eux-mêmes qu’ils n’étaient plus une nation, et que leur république était un royaume, ils n’auraient jamais reconnus clairement que leur politique tenait plutôt du culte.
Hélas, comme presque tous les politiciens de cette époque, si Ségolène Royal savait faire preuve de talent pour être aimée, elle n’avait pas saisi qu’il fallait aussi chercher à ne pas se faire détester – un problème qui touchait également le monarque électif Sarkozy. Elle disposait donc d’un chapitre qui la suivait fanatiquement et tentait d’appliquer ses maximes ; elle avait rallié quelques barons ; mais dans son camp comme chez les adversaires, beaucoup ne pouvaient pas la supporter. La confusion qui entourait son discours en est probablement la cause. Par exemple, pour obtenir quelques alliés, elle assura qu’elle sacrifierait au dieu Blair, un démiurge puissant dans le royaume mythique d’Angleterre. Mais, se faisant, elle s’attira la colère d’adorateurs de Blair, qui estimait qu’elle détournait les vrais préceptes du dieu ; et elle devait subir les foudres de tous ceux qui commençaient à se lasser d’entendre parler de l’Angleterre mythique à longueur de journée. En fin de compte, Ségolène Royal proposait plus d’autonomie de la société et, dans le même temps, plus d’Etat. Fallait-il avoir recours à l’Etat pour que la société soit plus libre, ou fallait qu’il que la société s’accorde à augmenter les pouvoirs de l’Etat ? Dans tous les cas, cela paraissait un peu confus.
Son principal concurrent était à peine plus clair, et Zorglub entend maintenant parler un peu du monarque électif Sarkozy, qui semble avoir été un homme de loisir ; la devise affichée sur son blason, « travailler plus pour gagner plus », semble avoir été un vœu pieux, car nos sources nous décrivent bien plus un oisif occupé à se divertir, comme il faut à présent le montrer.
Notes
[1] Cf. Argl Zegbla, Franc-Maçonnerie ; Gâchis ; Ségolène Royal ; Nicolas Sarkozy ; Déclin ; Philosophes antiques ; Meilleurs lycées ; éléments de compréhension de la lexicologie des couvertures des chroniques hebdomadaires et mensuelles du Royaume de France, Targ, Ufol-Âtré, 9151.
[2] Zorglub pense que ces français avaient tort de croire que la gestuelle et l’habillement comptaient pour rien. Du reste, Nicolas Sarkozy, qui ne disposait pas de l’apparence de Ségolène Royal, utilisa abondamment ses épouses ; sa deuxième épouse, Cécilia, semblant réticente à ce genre de pratique, il en changea pour mieux servir sa politique. Du moins est-ce l’interprétation de Zorglub, mais nous verrons cela plus en détail lorsque Zorglub parlera de Nicolas Sarkozy.
[3] Cf. Garbugl Vergl, Symbolique du drapeau dans la Terre anté-pré-proto-civilisée: les oriflammes et Ségolène Royal, Cahiers des Archaïsmes, n°17, Ufol-Klorik, 8713.
[4] Cette anecdote nous paraît tellement étrange qu’elle provient sans doute d’adversaires de Ségolène Royal. Rappelons que nous ne sommes pas sûr que François Bayrou ait vraiment existé.
Commentaires
Anatole France est revenu.
Là, vous me gênez, tout de même !