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  <title>Big Blogger</title>
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  <language>fr</language>
  <pubDate>Fri, 04 Jul 2008 08:07:20 +0200</pubDate>
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    <title>Stars, Stripes &amp; Obama</title>
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    <pubDate>Fri, 04 Jul 2008 08:07:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Raveline</dc:creator>
        <category>Dernière heure</category>
        <category>Amérique</category><category>Histoire</category><category>Obama</category><category>Politique</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Toujours via &lt;a href=&quot;http://hnn.us/roundup/entries/51975.html&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;HNN&lt;/a&gt;, décidément génial, &lt;a href=&quot;http://www.time.com/time/nation/article/0,8599,1820023,00.html&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;cet article&lt;/a&gt; du &lt;em&gt;Time&lt;/em&gt; sur le petits pin's représentant le drapeau américain (et, plus largement, sur la manie du drapeau qui étonne l'étranger mettant le pied aux Etats-Unis). Obama avait déclaré&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&quot;I decided I won't wear that pin on my chest. Instead I'm going to try to tell the American people what I believe... and hopefully that will be a testimony to my patriotism.&quot; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
(&lt;em&gt;J'ai décidé de ne pas arborer ce pin's. J'entends plutôt dire aux Américains ce que je crois... et c'est ainsi que j'espère prouver mon patriotisme.&lt;/em&gt;)&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Cause qui me le rendait très sympathique. Malheureusement, il faut, à défaut de se compromettre, faire des compromis. Obama porte le pin's, et l'article du &lt;em&gt;Time&lt;/em&gt; souligne le caractère récent de cette mode - l'attachement au drapeau datant plutôt de la Guerre de Sécession, et non de la Guerre d'Indépendance&amp;nbsp;; la manie de le mettre partout est apparue au milieu du XXe siècle, avant de devenir l'enjeu d'une lutte idéologique dans les années 1960-1970. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Où ai-je lu, déjà, qu'il y avait en Palestine une entreprise qui faisait des profits monstres en vendant les drapeaux américains destinés à être brûlés&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Les astronomes sont les meilleurs amis des historiens</title>
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    <pubDate>Fri, 04 Jul 2008 07:58:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Raveline</dc:creator>
        <category>Antique</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;En 55 a.n.è., Jules César réalisa un exploit rare dans l'histoire&amp;nbsp;: il parvint à débarquer en Angleterre. On a toujours situé l'événement aux alentours des 26 et 27 août. Des tests réalisés par des astronomes l'an dernier suggère que la direction du courant à cette période de l'année, compte tenu des moyens technologiques de l'époque, rendaient la traversée impossible. &lt;em&gt;Ergo&lt;/em&gt;, ce bon vieux Caius&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/07/04/#pnote-391-1&quot; id=&quot;rev-pnote-391-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt; aurait plus probablement franchi la Manche le 22 ou 23 août (&lt;a href=&quot;http://www.historytoday.com/MainArticle.aspx?m=30039&amp;amp;amid=30251497&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;History Today&lt;/a&gt;, Via &lt;a href=&quot;http://hnn.us/roundup/entries/51976.html&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;HNN&lt;/a&gt;). &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
J'ai toujours adoré la campagne bretonne de César, à cause de la conception singulière de l&lt;em&gt;'oppidum&lt;/em&gt; des bretons&amp;nbsp;: la forêt fortifié. Je me suis toujours demandé à quoi ça pouvait ressembler. Bref, tout ça nous rappelle que si vous voulez des conjectures vagues, du flou, et des incertitudes, appelez un archéologue. Si vous voulez du concret, les géologues et astronomes sont là pour vous.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&quot;footnotes&quot;&gt;&lt;h4&gt;Notes&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/07/04/#rev-pnote-391-1&quot; id=&quot;pnote-391-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] Ah oui, un truc pour frimer, pour les non-historiens qui n'ont jamais appris le truc. Ne dites pas &quot;Jules César&quot;. Jules n'est pas son prénom, c'est le nom de sa &lt;em&gt;gens&lt;/em&gt;, les Iulii. Quant à César, c'est son &lt;em&gt;cognomen&lt;/em&gt;. Donc, le vrai prénom de Jules César, c'est Caius. Bon, objectivement, si vous dites &quot;Caius Julius&quot;, ou pis, &quot;Caius Julius Caesar&quot;, ou pis encore &quot;Caivs Ivlivs Caesar&quot; dans les salons, vous passerez pour un gros snob. D'où la pratique simple : dites &quot;Ce cher Caius&quot;, &quot;Ce bon vieux Caius&quot;, ça suffira. Ou dites Jules César, et que les antiquisants arrêtent de nous emmerder.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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    <title>Une oeuvre de science-fiction</title>
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    <pubDate>Thu, 03 Jul 2008 13:14:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Raveline</dc:creator>
        <category>Art &amp; Essai</category>
        <category>Histoire</category><category>Littérature</category><category>Modernité</category><category>Mythologie</category><category>Politique</category><category>Sciences</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Il est des jugements qu'on formule brutalement, et qui paraissent si évident ,une fois exprimés, qu'on ne comprend pas qu'ils ne nous soient pas venu plus tôt. &lt;br /&gt;
Ainsi, pas plus tard qu'hier soir, je me suis soudainement aperçu que le marxisme, avant d'être une idéologie, une théorie économique, philosophique, historique ou politique, est avant tout une œuvre de science-fiction. Je ne dis pas cela à des fins polémiques. Je ne suis pas un amateur de la critique tout azimut du marxisme&amp;nbsp;; je n'apprécie pas particulièrement ramener la gauche (et, plus spécifiquement, la gauche française) au marxisme. Déjà, je me verrais bien en peine de vous donner une définition du marxisme. Marx est à bien des égards une bannière, un produit marketing politique. Rien que son nom a un côté claquant, vif, sec, qui se prête fort bien à la fabrication d'un groupe d'admirateurs. Indépendamment de toute connaissance de l'œuvre ou du personnage&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/07/03/#pnote-390-1&quot; id=&quot;rev-pnote-390-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Mais enfin, sans donner une définition du marxisme, je peux, comme la plupart de mes lecteurs j'imagine, résumer grossièrement le déroulement de l'histoire selon Marx&amp;nbsp;: suite à une dictature du prolétariat, le communisme sera enfin instauré, les moyens de production collectivisé, l'Etat aboli, la lutte des classes achevées, et tout le monde vivra heureux. Je suis conscient que c'est une lecture un peu réductrice, mais, sauf erreur de ma part, l'essentiel est là. Ici, mon lecteur m'arrêtera peut-être pour me dire&amp;nbsp;: cher Emmanuel Raveline, je vois où vous voulez en venir&amp;nbsp;: effectivement, cela ressemble à un roman d'anticipation. Mais anticipation n'est pas science fiction; et, quand bien même s'aventurer dans une définition de la science fiction est presque aussi périlleux que définir le marxisme, on s'accordera pour dire que la composante &quot;scientifique&quot; signalée par le nom même du genre, fait pour le moment défaut. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Toutefois, le marxisme pose comme condition d'apparition du communisme un développement de la productivité rendu possible par le progrès technologique. En d'autres termes, le marxisme n'est pas, &lt;em&gt;en soi&lt;/em&gt;, œuvre de science-fiction, mais, dans sa lecture (et probablement dans sa lecture matérialiste) du futur, il invite la théorie politique à la science-fiction, non simplement à un messianisme, à une transformation en religion séculière comme le pensait Aron. Simon Leys estime que les siècles futurs retiendront plus, dans le &lt;em&gt;Manifeste du Parti Communiste&lt;/em&gt; le génie de la formule - et notamment le fameux &lt;em&gt;incipit&lt;/em&gt;, &quot;un spectre hante l'Europe, c'est le spectre du communisme&quot; - que le génie de la théorie&amp;nbsp;; une esthétique plus qu'une vérité&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/07/03/#pnote-390-2&quot; id=&quot;rev-pnote-390-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Maintenant, j'imagine que c'est parce que la marxisme n'est pas simplement une œuvre de science-fiction qu'il a connu l'incroyable postérité qu'on sait. Enfin, je fais plus qu'imaginer&amp;nbsp;; je l'espère.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&quot;footnotes&quot;&gt;&lt;h4&gt;Notes&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/07/03/#rev-pnote-390-1&quot; id=&quot;pnote-390-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] Gérard Genette, dans son dernier livre, raconte cette cruelle anecdote : il me semble que c'est à l'occasion d'une fête de l'Humanité qu'il entend un jeune militant du P.C. crier : &quot;Achetez le &lt;em&gt;Manifeste du Parti Communiste&lt;/em&gt;, par Marx et sa femme, Angèle !&quot; Les agitations de bras d'un de ses camarades lui indiquent que quelque chose cloche dans son propos. Il se reprend : &quot;Par Marx et sa compagne, Angèle !&quot;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/07/03/#rev-pnote-390-2&quot; id=&quot;pnote-390-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;] Cette idée est brièvement évoquée dans le premier chapitre de son livre intitulé &lt;em&gt;Protée&lt;/em&gt;, parut chez Gallimard et consacré aux débuts et fins de chapitre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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    <title>Rideur d'ail geste (1)</title>
    <link>http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/07/02/Rideur-dail-geste-1</link>
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    <pubDate>Wed, 02 Jul 2008 08:49:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Raveline</dc:creator>
        <category>It's a Geek world</category>
        <category>Cartographie</category><category>Histoire</category><category>Liens</category>    
    <description>    &lt;ul&gt;
&lt;li&gt;La seule scène que j'ai vraiment aimé dans &lt;em&gt;L'œuvre au noir&lt;/em&gt;, c'est le siège de Münster (1534), un épisode de folie collective où la ville toute entière a subi et accepté, selon les cas, la théocratie imposée par &lt;a href=&quot;http://en.wikipedia.org/wiki/John_of_Leiden&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Jan de Leyde&lt;/a&gt;, qui voyait dans la cité la nouvelle Jérusalem. Wikipedia renvoie sur cet &lt;a href=&quot;http://www.sksm.edu/research/papers/polygamy.pdf&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;intéressant papier&lt;/a&gt; d'une université de théologie consacrée à la polygamie à Münster&amp;nbsp;; Leyde ayant imposé la pratique de la polygamie dans la ville. L'une des explications avancée par l'auteur est la disproportion nette entre population féminine (75 %) et masculine (25 %), essentiellement suite à la série de bannissements et d'exils ayant accompagné la prise du pouvoir par le groupe d'anabaptistes dont Leyden prit la tête à la mort de son mentor Jan Mathis. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Toujours à la recherche de cartes historiques (en fait, mon rêve serait un logiciel de cartographie simple, disposant de fonds de cartes siècles par siècles, qui me permettrait de placer quelques villes et d'inscrire une date à côté), je tombe sur l'&lt;a href=&quot;http://www.lib.utexas.edu/maps/historical/index.html&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;excellente réserve&lt;/a&gt; de la Texas University d'Austin, dont la collection est plus que respectable. Je recommande au lecteur pressé de jeter un coup d'œil ému aux &lt;a href=&quot;http://www.lib.utexas.edu/maps/historical/dday.html&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;cartes du débarquement&lt;/a&gt;. Ce qui serait formidable, c'est un Google Earth historique. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Sur le même thème, il est vraiment dommage que le blog Visions cartographiques du &lt;em&gt;Monde Diplomatique&lt;/em&gt; ne publie pas plus. La partie de &lt;a href=&quot;http://blog.mondediplo.net/2008-06-13-Quand-la-carte-fait-son-histoire&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ce billet&lt;/a&gt; sur la carte de l'Afrique du sud conservée par le site de l'Assemblée Nationale est savoureuse. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;J'aime beaucoup ce billet du &lt;a href=&quot;http://penseespolitiques.over-blog.com/article-20916525.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Chafouin&lt;/a&gt;, notamment l'idée du parallèle journalistes politiques / journalistes sportifs dans la relation au pouvoir. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Quelqu'un connaît un équivalent francophone de &lt;a href=&quot;http://hnn.us/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;HNN&lt;/a&gt;&amp;nbsp;? Mon lecteur wikio personnalisé, avec recherche des mots &quot;histoire&quot; et &quot;historien&quot; est très insuffisant et prend des tas de trucs qui n'ont rien à voir. Et si jamais HNN me lit&amp;nbsp;: très bonne idée d'avoir des blogs, mais quel dommage qu'ils n'aient pas leur propre identité graphique, cela gâche un peu la lecture (allez, on y croit&amp;nbsp;: &lt;em&gt;I'm pleased to see that you HNN guys have blogs, but it's a pity they don't have their own graphical identity. It makes the reading harder.&lt;/em&gt; Ou un truc comme ça. Cela fait trop longtemps que je n'ai pas fait d'anglais, moi...). &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Ceci dit, sans HNN, je n'aurais jamais découvert &lt;a href=&quot;http://www.heavymetalislam.net/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Heavy Metal Islam&lt;/a&gt;. Et ça, ce serait dommage. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;strong&gt;edit&lt;/strong&gt;  Amusante (et stimulante) réflexion chez &lt;a href=&quot;http://www.nickcarraway.fr/2008/07/02/repenser-les-fondements-de-la-democratie/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Nick Carraway&lt;/a&gt;, à partir d'une interview fascinante de &lt;a href=&quot;http://www.laviedesidees.fr/Le-tirage-au-sort-plus-juste-que.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Jon Elster&lt;/a&gt;.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Juin, ton soleil, ardente lyre...</title>
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    <pubDate>Tue, 01 Jul 2008 14:52:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Raveline</dc:creator>
        <category>Journal</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;&lt;em&gt;... brûle mes doigts endoloris. Ce sont mes vers préférés de la Chanson du Mal Aimé d'Apollinaire. Et je me réjouis de voir que cela fait six mois que j'arrive à faire un billet mensuel ayant dans le titre une citation musicale ou littéraire. Quand bien même tout le monde s'en fiche royalement.&lt;/em&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Pas de République des Blogs ce mois-ci, pour un grand nombre de raison toute plus complexes les unes que les autres. Alors, que dire dans ce billet mensuel&amp;nbsp;? Sinon que j'abandonne selon toute probabilité droit et économie, mamelles amères, pour retourner à l'histoire. Hélas, pour avoir une chance d'enseigner un jour l'histoire de la Révolution Française à un parterre d'étudiant, il me faut cette chose abominable qu'on nomme, dans le Royaume de France, l'Agrégation. Bon, ça ne fera jamais que le cinquième concours que je prépare.&lt;/em&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Vous comprendrez que ceci risque d'atténuer quelque peu le rythme de publication sur ce blog, qui, pendant un an, sera surtout (je crains) un compendium d'anecdotes variées tiré de mes lectures. Je vais notamment être obligé de mettre en stand-by ma série sur la mort du Roi, ce qui me chagrine beaucoup. Mais un jour, oui !, un jour j'aurais un salaire, un emploi du temps stable et un peu plus de stabilité. (Du reste, lecteur membre du patronat, si tu as besoin d'un brillant jeune homme plein d'esprit et de talent, mon adresse e-mail est sur le côté.)&lt;/em&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Absurde situation, s'il en est. Toutefois, il y a&lt;/em&gt; peut-être &lt;em&gt;une solution, un plan B. En effet, lecteur, peut-être as-tu une machine à remonter le temps. Auquel cas, va séance tenante utiliser cet astucieux chronoscaphe, et déplace toi derechef le 26 novembre 1764. Là, obtient aussi vite que possible un rendez-vous avec Louis XV. Tu le reconnaîtra facilement&amp;nbsp;: on dirait François Fillon dopé à la cortizone et avec une perruque. En présence du monarque, présente l'humble supplique suivante&amp;nbsp;: &quot;Sire, de grâce, n'expulsez point les Jésuites. Je viens du futur (par la grâce de notre seigneur Jésus Christ). Les conséquences de vos actions ont transformé mon époque en un monde épouvantable, sans foi ni loi. Songez-donc, il existe un concours de recrutement atroce pour sélectionner les membres du corps enseignant. Vous n'imaginez pas ce que les jeunes gens doivent faire pour survivre. Gardez les Jésuites&amp;nbsp;: vous nous sauverez de l'agrégation. &quot; Tu peux aussi essayer avec Napoléon en mars 1808, mais Louis XV devrait être plus facile à manipuler (si possible, apporte lui une jolie fille&amp;nbsp;: Louis XV avait un petit point faible de ce côté là).&lt;/em&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Voilà où j'en suis. Alors que, normalement, si on me donnait une machine à remonter dans le temps, j'en profiterais pour aller écouter Bessie Smith en &lt;/em&gt;live&lt;em&gt; à la fin des années 1920. Ou je m'emploierais volontiers à sauver Schubert du typhus, contre la promesse de ne plus se mêler de musique symphonique et de se concentrer sur la musique de chambre. Bref, des trucs normaux, quoi.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Tendre vers le centre</title>
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    <pubDate>Tue, 01 Jul 2008 11:11:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Raveline</dc:creator>
        <category>Pastiches &amp; Textes</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Les libéraux ?&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Quelle bande de lâches. Franchement. Il paraît évident que l'homme est un animal politique - tellement évident que même les grecs, une bande de minables qui passaient leur temps à faire la guerre l'ont découvert. On ne peut pas échapper au groupe. Oh, je sais ce que me diront certains, parmi les plus libertaires même&amp;nbsp;: &quot;Mais non, on a rien contre le groupe. C'est juste qu'il ne doit pas nous dicter notre façon de faire.&quot; Je vais vous dire&amp;nbsp;: si les voisins du 4e d'en face continuent de beugler comme ça les fenêtres ouvertes, je m'en vais leur dicter ma façon de faire. Les libéraux&amp;nbsp;? Ils se la jouent élitisto-humanistes (que le meilleur gagne, mais tout le monde a sa chance), pragmatico-idéalistes (ça marche mieux ainsi, et puis la liberté, c'est beau), martyro-triomphaliste (on ne nous aime pas, mais on gagnera parce qu'on est les meilleurs). Des lâches, vous dis-je. Non seulement ils ont des mélanges idéologiques dignes d'adolescents prépubères, mais en plus, au nom de leurs idéaux, au fond, ils veulent se débarrasser du combat éternel entre groupe et individu. Ils veulent une victoire de l'individu, et avoir la paix. Aucun courage, derrière leurs belles allures. Franchement. Les libéraux&amp;nbsp;? Des zéros. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Les collectivistes&amp;nbsp;? &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Quelle bande de lâches. Franchement, il paraît évident que la dignité humaine passe par le respect de l'individu - tellement évident que même les philosophes des lumières, une bande de petits snobs en train de s'empiffrer dans des salons mondain l'avaient compris. Oh, je sais ce me diront que certains, parmi les plus communistes même&amp;nbsp;: &quot;Mais non, on a rien contre l'individu. C'est juste qu'il doit respecter la vie du groupe.&quot; Je vais vous dire&amp;nbsp;: même moi qui ne paye pas d'impôt sur le revenu, je paye déjà trop d'impôt, avec leur stupide T.V.A. Les collectivistes&amp;nbsp;? Ils se la jouent élitisto-humaniste (l'avant garde, camarade, protègera l'humanité toute entière), pragmatico-idéalistes (l'histoire va dans cette direction de toute façon&amp;nbsp;; et puis, c'est tellement beau la révolution), martyro-triomphaliste (le grand capital nous exploite, mais la vengeance sera terrrrrible). Des lâches, vous dis-je. Non seulement ils ont des mélanges idéologiques dignes d'adolescents prépubères, mais en plus, au nom de leurs idéaux, au fond, ils veulent se débarrasser du combat éternel entre groupe et individu. Ils veulent une victoire du groupe, et avoir la paix. Aucun courage, derrière leurs belles allures. Franchement. Les collectivistes&amp;nbsp;? Des zéros. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Les centristes&amp;nbsp;? &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Quelle bande de lâches. Franchement, il paraît évident que c'est pas en se croisant les bras à rien foutre qu'on va arriver à quelque chose un jour - tellement évident que même le diable lui-même l'avait compris dans sa mission &lt;em&gt;undercover&lt;/em&gt; au Paradis sous la forme d'un serpent&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/07/01/#pnote-387-1&quot; id=&quot;rev-pnote-387-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;. Oh, je sais ce que me diront certains, parmi les plus consensualistes, même&amp;nbsp;: &quot;Mais non, on a rien contre l'action. On prend le meilleur des deux bords, et on ne veut pas d'une lutte fratricide et inutile.&quot; Je vais vous dire&amp;nbsp;: si les deux partis au pouvoir ne sont pas fichus de se donner quelques gnons dans la figure, d'avoir de vrais beau débat avec épigrammes sanglantes, fleurs de rhétoriques et arguments convaincant à l'appui, ce n'est pas une bande de mous au milieu qui va tirer les marrons du feu. Les centristes&amp;nbsp;? Ils se la jouent élitisto-humanistes (on est plus malin, on a compris qu'il fallait pas se battre&amp;nbsp;; mais on veut le bien de tous), pragmatico-idéaliste (le centre, y'a que ça qui marche, et puis c'est beau la troisième voie), martyro-triomphaliste (on ne nous laisse jamais parler, mais de toute façon, le pays réel est avec nous). Des lâches, vous dis-je. Non seulement ils ont des mélanges idéolgoiques dignes d'adolescents prépubères, mais en plus, au nom de leurs idéaux, au fond, ils veulent se débarrasser du combat éternel entre groupe et individu. Ils voudraient que les deux se serrent la main, et avoir la paix. Aucun courage, derrière leurs belles allures. Franchement. Les centristes? Des zéros. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
(Ce billet était sponsorisé par tous les cafés du commerce de France et de Navarre.)&lt;/p&gt;
&lt;div class=&quot;footnotes&quot;&gt;&lt;h4&gt;Notes&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/07/01/#rev-pnote-387-1&quot; id=&quot;pnote-387-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] Vous noterez que les serpents ne croisent &lt;em&gt;jamais&lt;/em&gt; les bras.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>Ironie</title>
    <link>http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/07/01/Ironie</link>
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    <pubDate>Tue, 01 Jul 2008 10:01:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Raveline</dc:creator>
        <category>Journal</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Je regarde un peu le projet (grand mot) de réforme / refonte / réorganisation / dépouillage / désossage / changement cosmétique (choisissez la mention correspondant à votre point de vue et votre orientation politique) du service public audiovisuel. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Et, dans ma bibliothèque, d'où les livres prennent toujours le même malin plaisir à choir, je vois que menace de tomber l'un des meilleurs livres de François Crouzet, &lt;em&gt;De la supériorité de l'&lt;a href=&quot;http://www.bbc.co.uk/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Angleterre&lt;/a&gt; sur la &lt;a href=&quot;http://www.francetelevisions.fr/html/index.php?lg=fr&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;France&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Comme quoi, en histoire, il y a quand même des constantes&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>La table D10 du Président Sarkozy</title>
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    <pubDate>Sun, 29 Jun 2008 10:16:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Raveline</dc:creator>
        <category>Pastiches &amp; Textes</category>
        <category>France</category><category>Pastiche</category><category>Politique</category><category>Sarkozy</category>    
    <description>    &lt;p&gt;&lt;em&gt;Bonjour, ami lecteur&amp;nbsp;! Peut-être n'es-tu point rôliste. C'est bien dommage. Car vois-tu, le jeu de rôle est une activité formidable, qui peut constituer un simple divertissement comme un accomplissement quasi-artistique. La pratique du jeu de rôle me fait un point commun avec d'aussi illustres modèles que Maître Eolas ou le regretté Phersu. On y trouve de tout, du &lt;a href=&quot;http://www.roliste.com/jeu.jsp?id=341&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;meilleur&lt;/a&gt; au &lt;a href=&quot;http://www.roliste.com/detail.jsp?id=5871&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;pire&lt;/a&gt; (ami rôliste, clique sur ce dernier lien, tu ne sera pas déçu), du &lt;a href=&quot;http://philippe.tromeur.free.fr/rrpg.htm&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;parodique&lt;/a&gt; à l'&lt;a href=&quot;http://www.roliste.com/jeu.jsp?id=2452&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;historique&lt;/a&gt;. Ce jeu peut également servir à accroître sa&lt;/em&gt; vis comica &lt;em&gt;comme ce billet entend à présent le démontrer&lt;/em&gt;. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Mais si tu n'as jamais pratiqué cet agréable hobby, ami lecteur, tu ne sais pas ce qu'est une &quot;table&quot; au sens où un rôliste l'entend. Procédé quelque peu discrédité aujourd'hui que le milieu est envahi par une vision parfois un peu esthétisante-snob du jeu, la &quot;table aléatoire&quot; permet d'introduire un événement, une créature hostile, à peu près n'importe quoi par hasard, en se fiant au résultat d'un dès. Il est courant, aujourd'hui, de fabriquer dans les jeux des &quot;tables aléatoires&quot; pour rendre un hommage aux vénérables &quot;tables de rencontres&quot; des premiers jeux de rôles, ou bien au contraire pour tourner en dérision la pratique.&lt;/em&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Ces tables, fort utiles en leurs temps, introduisent parfois un caractère abrupt, incohérent, lié à la loi d'airain du hasard. De là je tire ma conclusion personnelle&amp;nbsp;: Nicolas Sarkozy, dont la politique procède par bonds et par ris, choisit probablement la course astrale de ses actions politiques en se fiant à un D10, c'est à dire un dé à dix faces, et une &quot;table aléatoire&quot; qui lui indique que faire. Voici mon estimation de ce que cette table doit être.&lt;/em&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;TABLE DE RESOLUTION DES PROBLEMES POLITIQUES&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Un problème politique de tout ordre se pose. Lancez un dès et appliquez la méthode suggérée par le résultat.&lt;/em&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
1 - Changez de femme. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
2 - Donnez une mission à un de vos amis, en lui confiant, si nécessaire, une commission, un groupe de travail, un comité d'experts, etc.. Une fois que la &quot;mission&quot; sera achevée, envoyez le rapport au Parlement. Laissez mijoter. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
3 - Dites &quot;non, ça ne va pas se passer comme ça&quot;. Si possible devant une meute de journaliste. Prenez un air convaincu, battant&amp;nbsp;; vous êtes le  chevalier qui affronte l'injustice, et le bon peuple doit le comprendre. Proposez une grande mesure. Tiens, par exemple, une nouvelle loi sur la récidive. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
4 - Demandez à &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Guaino&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Henri&lt;/a&gt;. Henri a toujours des idées amusantes. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
5 - Traitez votre entourage de con&amp;nbsp;: si vous n'étiez pas entouré d'incompétent, ce problème n'existerait pas / aurait déjà été réglé / serait passé inaperçu. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
6 - Envoyez Rachida. Ou Brice. Ou Fadela. Ou Rama. Ou François. Non, pas François. Envoyez n'importe qui, sauf François (sauf si le problème n'a pas de solution&amp;nbsp;: dans ce cas, envoyez François en première ligne). Ca les occupera. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
7 - Demandez à &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Vincent_Bollor%C3%A9&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Vincent&lt;/a&gt;. Ou &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Arnaud_Lagard%C3%A8re&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Arnaud&lt;/a&gt;. Vincent et Arnaud n'ont pas toujours de bonnes idées, mais ils sont toujours là pour vous. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
8 - Fumez un bon cigare, ça détend. Ou allez boire une vodka avec Vladimir. Ou faites un voyage à l'étranger&amp;nbsp;: tenez, à Windsor, c'était pas mal ce que vous aviez mangé, contrairement à toutes ces blagues sur la cuisine anglaise. A votre retour, un autre problème aura fait oublier celui qui se pose pour le moment. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
9 - Dites que les caisses sont vides. Mais que bon, le temps qu'on ne remplace pas un fonctionnaire sur deux, elles seront à nouveaux pleines, donc, à long terme, tout ira bien. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
10 - Appelez un journaliste. Obtenez une caméra. Faites-vous poser la question relative à ce problème. Hochez la tête d'un air sérieux. Regardez droit dans les yeux votre interlocuteur, baissez un peu la voix. Dites, d'un air inspiré&amp;nbsp;: &quot;Je suis particulièrement sensible à ce problème. Je vais m'en occuper personnellement.&quot; Si on vous demande des précisions, dites que vous allez faire &quot;tout ce qui est nécessaire&quot;. Si on vous presse encore, ajoutez que ce sera&amp;nbsp;: &quot;Votre priorité&quot;. Si, décidément, on vous demande ce que vous allez faire, &lt;em&gt;concrètement&lt;/em&gt;, dites qu'il est temps que tous ces profiteurs, ces tricheurs, ces voleurs, ces immigrés, ces fonctionnaires et tous ces types là, eh ben c'est type dont à cause desquels de qui c'est de leur faute, hein, ben il est temps que vous leur régliez leur compte. Vous seul, parce que vous êtes l'unique personne assez couillue dans ce pays de merde pour faire quoi que ce soit. Surtout, en disant cela, prenez un air gentil. Dites bien que vous n'êtes pas bien méchant, que vous êtes désolé si votre politique géniale vexe des gens, mais bon, voilà, on ne fait pas d'omelettes sans casser des oeufs. Et que vous, contrairement à tous ces minables avant / autour de / contre / avec vous, vous, hein !, oh !, vous agissez&amp;nbsp;! N'hésitez pas à dire&amp;nbsp;: &quot;Il y a des lois&quot;. Si franchement on vous pousse à bout, dites que vous allez nous débarrasser de toute cette racaille / ces pauvres cons / ces incompétents, etc.
&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Et quoi qu'il arrive&amp;nbsp;: souriez. Vous êtes probablement filmé.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>Cynisme</title>
    <link>http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/06/28/Cynisme</link>
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    <pubDate>Sat, 28 Jun 2008 14:37:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Raveline</dc:creator>
        <category>Histoire</category>
            
    <description>    &lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;Cincinnatus, (...) un cas tellement exceptionnel que 2 500 ans après on le cite encore en exemple.&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;


&lt;p&gt;(Lu sur un forum, à propos des hommes politiques incapables d'abandonner le pouvoir). Jugement peu sympathique pour Sylla, qui a abandonné la politique au sommet de son ascension. Et pour beaucoup d'autres, en fait, mais là, j'ai un peu la flemme de faire la liste. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Ca me rappelle cette noble dont le nom m'échappe, qui, après le retour d'Amérique des généraux français bardés de décoration gagnées lors de la guerre d'Indépendance, se demandait qui était ce &quot;Saint Cinati&quot; (voyez &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Ordre_de_Cincinnatus&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;, et si Cincinnatus ne vous dit rien, &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Cincinnatus&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;). &lt;br /&gt;
Je ne sais pas pour vous, mais je trouve que les meilleures anecdotes sont au XVIIIe. (Bon, et la crème de la crème est en 1789 et 1799, &lt;em&gt;of course&lt;/em&gt;).&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Histoire du royaume de France dans l’antiquité terrienne, par Zorglub d’Ufol la Troisième (6)</title>
    <link>http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/06/25/Histoire-du-royaume-de-France-dans-lantiquite-terrienne-par-Zorglub-dUfol-la-Troisieme-6</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:deb479cda7c42658c831c90219a7ac74</guid>
    <pubDate>Wed, 25 Jun 2008 15:05:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Raveline</dc:creator>
        <category>Zorglub</category>
        <category>France</category><category>Histoire</category><category>Pastiche</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Beaucoup des prédécesseurs de Zorglub, logographes, juristes, ethnologues, se sont cassés les dents sur le système juridique et constitutionnel du royaume de France. Entre la lettre du texte, en tout cas selon la lecture canescenexigus contemporaine, et la réalité qui nous est perceptible dans le royaume de France du XXIe siècle, il y a bien sûr un fossé. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Il paraît déjà évident que l’origine de ce texte est plus qu’incertaine. A l’origine, Zorglub pense qu’il s’agissait d’une charte octroyée par le mythique Gal des Gaules&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/06/25/#pnote-383-1&quot; id=&quot;rev-pnote-383-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;, plus probablement l’œuvre de son éminence grise, l’énigmatique Michel Debré. L’invasion des hordes barbares repoussé, les barons laissèrent, selon la légende, le pays à feu et à sang. Gal des Gaules, s’il a jamais existé, se présentait comme un messie&amp;nbsp;: initié dans la mythique Angleterre pendant les invasions barbares, il aurait ensuite fait un pèlerinage mystique couramment nommé «&amp;nbsp;la traversée du désert ». Il profita du chaos pour se faire élire monarque, instituant la «&amp;nbsp;Ve République ». Il créa un fâcheux précédent, courant dans l’histoire du royaume de France&amp;nbsp;: il ne respecta guère la charte qu’il avait lui-même institué&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/06/25/#pnote-383-2&quot; id=&quot;rev-pnote-383-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;.  &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Mais les usages imposèrent peu à peu une certaine pratique de la charte, ou si l’on préfère, de la constitution. Ainsi, il semble que le pouvoir bicéphale, curiosité même à l’époque, partagé entre monarque électif (ou Président) et grand chambellan («&amp;nbsp;premier ministre », comme disaient les français) institutionnalisait en fait les rivalités des maisons nobles&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/06/25/#pnote-383-3&quot; id=&quot;rev-pnote-383-3&quot;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;. Le Parlement, une espèce de chambre d’enregistrement dont l’utilité nous échappe beaucoup, arbitrait manifestement entre les deux fonctions&amp;nbsp;: penchant tantôt du côté du monarque, tantôt du côté du chambellan.
On avait également perverti un dispositif antérieur, qui permettait de faire trancher les litiges par le peuple&amp;nbsp;; le plébiscite, traditionnel dans le Royaume, déguisé sous le nom de referendum. Le mythique Gal des Gaules aurait compris son utilisation comme une remise en cause de la couronne&amp;nbsp;: la défaite signifiait l’abdication du roi&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/06/25/#pnote-383-4&quot; id=&quot;rev-pnote-383-4&quot;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;. Que cela soit vrai ou pure folklore, le fait est que cette conception avait été abandonnée&amp;nbsp;; ce qui était naturellement signe de la personnalisation du régime et un aveu à peine masqué de son caractère monarchique (chose rare, chez un peuple aussi peu enclin à reconnaître la réalité de son régime que les français). En effet, dans nos démocraties modernes, éclairées par la Conscience (Louée Soit-Elle !), un individu n’est rien, même au pouvoir&amp;nbsp;; ce qui compte, ce sont ses idées. Le rejet des idées, logiquement, doit amener l’individu à se démettre. Mais les français, et surtout leurs rois, ne réfléchissaient pas ainsi. Bien sûr, les monarques justifiaient les choses en séparant l’individu et ses causes&amp;nbsp;: le Roi retenait l’enseignement de son peuple – mais ainsi enrichi, restait sur le trône. Casuistique ingénieuse, mais qui invitait les peuples à ne pas jouer les règles du jeu, car ils en profitaient pour démonter l’idée, non pour elle-même, mais à cause de l’individu qui la présentait. Dans toutes ces aventures, la vraie démocratie souffrait en silence, désolée que l’on pare de son nom de tels usages barbares. Et le débat des esprits devenait celui des personnes. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Peut-être aussi les Rois croyaient-ils que les français n’étaient pas assez mûrs pour considérer sérieusement les questions qu’on pouvait leur poser. Mais était-ce dans un régime qui les infantilisait, et en leur imposant ce régime de monarchie sucrée, que l’on était certain de les faire parvenir à la maturité&amp;nbsp;? Zorglub croit qu’on peut en douter.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&quot;footnotes&quot;&gt;&lt;h4&gt;Notes&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/06/25/#rev-pnote-383-1&quot; id=&quot;pnote-383-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] Gal semble avoir été un prénom porté par les héros militaires. Il peut être allongé en Charles ou Général, selon les auteurs. Gaules est souvent orthographié en « Gaulle », touchante façon de dissimuler l’évident appel à la glorieuse anté-pré-proto-préhistoire du royaume de France dans la construction du héros légendaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/06/25/#rev-pnote-383-2&quot; id=&quot;pnote-383-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;] Cf. Agnul Myzzic, &lt;em&gt;Sous les armes du Chien-Lys : essai de biographie du monarque légendaire Gal des Gaules&lt;/em&gt;, Gnârgl, Ufol-Amour, 8785.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/06/25/#rev-pnote-383-3&quot; id=&quot;pnote-383-3&quot;&gt;3&lt;/a&gt;] Cf. Mijel Winücc, &lt;em&gt;L’hôtel et les révolutions de Palais, le match Matignon – Elysée dans la Ve République du royaume de France&lt;/em&gt;, Presses du Monopole Intellectuel, s.d.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/06/25/#rev-pnote-383-4&quot; id=&quot;pnote-383-4&quot;&gt;4&lt;/a&gt;] Cf. Zerg Unzborghu, &lt;em&gt;Soixante-Neuf, année névrotique : début d’une histoire du « non » dans le Royaume de France&lt;/em&gt;, Bodg, Ufol-Kswagen, 8879.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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          <comments>http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/06/25/Histoire-du-royaume-de-France-dans-lantiquite-terrienne-par-Zorglub-dUfol-la-Troisieme-6#comment-form</comments>
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    <title>Six poètes</title>
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    <pubDate>Wed, 25 Jun 2008 13:26:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Raveline</dc:creator>
        <category>Quote / Unquote</category>
        <category>Poésie</category>    
    <description>    &lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;Pour qui œuvrent les martyrs&amp;nbsp;? La grandeur réside dans le départ qui oblige. Les êtres exemplaires sont de vapeur et de vent. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
René Char, &lt;em&gt;Fureur et Mystère&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;It is a heart &lt;br /&gt;
This holocaust I walk in, &lt;br /&gt;
O golden child the world will kill and eat&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/06/25/#pnote-382-1&quot; id=&quot;rev-pnote-382-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Sylvia Plath, &lt;em&gt;Winter Trees&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;Mais j'aperçois, ayant erré maint tour, &lt;br /&gt;
Que si je veux de toi être délivre, &lt;br /&gt;
Il me convient hors de moi-même vivre&amp;nbsp;; &lt;br /&gt;
Ou fais encor que loin sois en séjour. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Louis Labé, Sonnet XVII.&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;No wonder of it&amp;nbsp;: sheer plod makes plough down sillion &lt;br /&gt;
Shine, and blue-bleak embers, ah my dear, &lt;br /&gt;
Fall, gall themselves, and gash gold-vermillion.&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/06/25/#pnote-382-2&quot; id=&quot;rev-pnote-382-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Gerard Manley Hopkins, &lt;em&gt;The Windhover&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;Esclaves cardiaques des étoiles, &lt;br /&gt;
nous avons conquis l'univers avant de quitter nos draps, &lt;br /&gt;
mais nous nous éveillons et voilà qu'il est opaque,  &lt;br /&gt;
nous nous éveillons et voici qu'il est étranger, &lt;br /&gt;
nous franchissons notre seuil et voici qu'il est la terre entière,  &lt;br /&gt;
plus le système solaire et la Voie lactée et le Vague Illimité. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Alvaro de Campos (Fernando Pessoa), &lt;em&gt;Le bureau de tabac&lt;/em&gt;.&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/06/25/#pnote-382-3&quot; id=&quot;rev-pnote-382-3&quot;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;Like unlit carriages through fields at night, &lt;br /&gt;
Our only job to sit, eyes straight ahead, &lt;br /&gt;
And be transported and make engine noise. &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/06/25/#pnote-382-4&quot; id=&quot;rev-pnote-382-4&quot;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Seamus Heaney, &lt;em&gt;A sofa in the forties&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;
&lt;div class=&quot;footnotes&quot;&gt;&lt;h4&gt;Notes&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/06/25/#rev-pnote-382-1&quot; id=&quot;pnote-382-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] &quot;Et c'est un coeur / L'holocauste où j'entre / Ô bel enfant d'or que le monde tue et mange&quot; Trad. Françoise Morvan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/06/25/#rev-pnote-382-2&quot; id=&quot;pnote-382-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;] &quot;Point de merveille : c'est l'ahan qui fait le soc dans le sillon / Luire, et les braises bleu-blême, ah ! mon aimé, / Choir pour se déchirer, pour s'entailler d'or vermillon.&quot; Trad. Pierre Leyris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/06/25/#rev-pnote-382-3&quot; id=&quot;pnote-382-3&quot;&gt;3&lt;/a&gt;] Je n'ai pas la version originale et ne la trouve pas : si quelqu'un pouvait me l'envoyer, je lui en serais infiniment reconnaissant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/06/25/#rev-pnote-382-4&quot; id=&quot;pnote-382-4&quot;&gt;4&lt;/a&gt;] &quot;Comme des wagons éteints dans la nuit des champs, / Tenus seulement d'être assis, le regard fixe, / De se laisser porter, d'imiter un moteur.&quot; Trad. Patrick Hersant.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
</description>
    
    
    
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    <title>De Dorian Gray à Besancenot</title>
    <link>http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/06/23/De-Dorian-Grey-a-Besancenot</link>
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    <pubDate>Mon, 23 Jun 2008 15:22:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Raveline</dc:creator>
        <category>Dernière heure</category>
        <category>Actualité</category><category>Extrêmes</category><category>Histoire</category><category>P.S.</category><category>Politique</category><category>Révolution Française</category><category>Sarkozy</category>    
    <description>    &lt;p&gt;A nouveau, je rebondis sur un élément d’actualité fort commenté dans la blogosphère. Le lecteur non averti pourra avec profit se reporter aux analyses de &lt;a href=&quot;http://777socrate.blogspot.com/2008/06/olivier-besancenot-le-danger-de.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Luc Mandret&lt;/a&gt;, de &lt;a href=&quot;http://www.koztoujours.fr/?p=751&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Koz&lt;/a&gt; et du &lt;a href=&quot;http://penseespolitiques.over-blog.com/article-20679393-6.html#anchorComment&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Chafouin&lt;/a&gt;, ainsi qu’à un amusant billet de &lt;a href=&quot;http://comite-de-salut-public.blogspot.com/2008/06/facilit.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;CSP&lt;/a&gt; sur la question. Je conseille particulièrement le billet de Koz, qui est d’une sobre efficacité – je n’adhère toujours pas à l’&lt;em&gt;ethos&lt;/em&gt; du personnage, mais son discours est fort bien pesé. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
A l’inverse du Chafouin, je ne crois pas à l’assimilation entre «&amp;nbsp;trotskystes et fascistes », pour la même raison que je refuse de considérer tous les penseurs diabolisés sur le même plan – cela nuit à l’analyse et à leur compréhension, comprendre n’étant pas adopter. Le problème de toute pensée politique (voire de toute pensée à portée éthique), est qu’elle se construit souvent autour d’une &lt;em&gt;tératologie&lt;/em&gt; (une science, une définition du «&amp;nbsp;monstrueux ») qui exclut du domaine de la simple réflexion un ensemble de pensée, d’objets, d’idées. Dans le billet de Koz, on en trouve un exemple&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;Il est inutile de discuter avec des personnes comme CSP ou ses commentateurs. C’est même l’un des rares cas dans lesquels je considère que le dialogue est une perte de temps. Argumenter sur l’intention de tuer n’a aucun sens avec des gens qui se repaissent de leur rhétorique emballée.&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;


&lt;p&gt;Je suis plutôt d’accord avec Koz, et je pense du reste qu’il faut, jusqu’à un certain point, prendre avec fatalisme cette construction d’une tératologie, de mettre des choses à l’écart&amp;nbsp;: c’est une chose nécessaire. Du reste, «&amp;nbsp;le camp ennemi&amp;nbsp;» fait la même chose. Et en un sens, le Chafouin est très sensible au danger de la mise à l'écart, en se demandant si&lt;/p&gt;


&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;le problème n'est-il pas qu'aujourd'hui, en France, personne d'autre de raisonnable ne dénonce les méfaits, la barbarie d'un système néolibéral effectivement inhumain, meurtrier, matérialiste au possible&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;


&lt;p&gt;En effet, l’art d’exclure des hypothèses et des comportements est extrêmement difficile, et l’est plus encore dans une modernité qui ne peut s’appuyer sur l’argument d’autorité offert par la tradition. De telle sorte qu’en condamnant un élément (en l’occurrence, la légitimité de la violence révolutionnaire prêchée par l’extrême-gauche au nom de la violence du système néolibéral) on risque de ne pas en condamner un autre (la violence du système néolibéral). &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mais si Koz et le Chafouin tiennent un raisonnement sur la pensée politique de Besancenot et de l’extrême-gauche en général, Luc Mandret s’attache à des questions de stratégie, la seule condamnation implicite de Besancenot tenant je crois à cette phrase&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;En contradiction totale avec sa doctrine, Olivier Besancenot incarne seul toute la vie de la LCR.&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;


&lt;p&gt;D’après Luc Mandret, la popularité de Besancenot se nourrit de trois sources&amp;nbsp;: d’abord, la dédiabolisation de Besancenot&amp;nbsp;; ensuite, visibilité de la LCR lors des conflits sociaux&amp;nbsp;; enfin, le personnage de Besancenot lui-même. Luc Mandret souligne, avec beaucoup de justesse, je pense&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;La professionnalisation des métiers de la politique, au Parti Socialiste principalement, nuit gravement à l'image d'un parti proche des préoccupations du Français moyen.&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;


&lt;p&gt;Les lecteurs de mon blog savent probablement que je n’ai pas de sympathie pour l’extrême-gauche – loin s’en faut. Ils savent aussi que j’ai l’irritante manie de tout ramener à la Révolution Française. Je ne les décevrais pas, et ma réflexion personnelle mélangera ces deux éléments qui font le charme inimitable de ce blog. Enfin je l’espère.&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;Mon point de départ est, grosso modo, le même que Koz, c'est-à-dire que&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;Il faut en finir avec cet étonnant complexe bourgeois (pour le coup) qui fait que l’on attaque si peu Olivier Besancenot, protégé par sa gueule ronde et sa jeunesse comme par un talisman.&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;


&lt;p&gt;Avec un soupçon de réserve toutefois. La jeunesse, tout particulièrement, n’est pas le talisman de Besancenot, elle est l’explication de toute sa présence. Si je m’intéresse à la jeunesse, c’est qu’il y a un lien bien connu entre jeunesse et révolution. Je ne pense pas là aux manifestants étudiants habituels qui accomplissent, depuis 68, une espèce de rite initiatique peu révolutionnaire en soi. Non, je pense que les situations de blocages «&amp;nbsp;drainent&amp;nbsp;» les talents jeunes.   &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Voyons la fin du XVIIIe siècle, pour tenter un parallèle (foulant au pied l’éthique de l’historien au passage !). En 1774, lorsque Louis XVI monte sur le trône, son père est mort après cinquante deux longues années de règne. Les dernières années ont été particulièrement difficile, et on enterre Louis XV presque en cachette, à la va-vite. A l’inverse, Louis XVI jouit d’une assez grande popularité. Il n’a que vingt ans. Lorsque la Révolution éclate, il a régné quinze ans, et en a donc trente cinq – et sa popularité a commencé à décliner. Si ses premiers contradicteurs seront des hommes d’un certain âge (Mirabeau en a cinquante, Bailly plus de soixante), ceux qui radicalisent le mouvement sont jeunes (Robespierre a trente et un ans en 1789&amp;nbsp;; Desmoulins n’en a que vingt neuf, comme Babeuf&amp;nbsp;; Talleyrand et Brissot en ont trente cinq&amp;nbsp;; Saint-Just, le fait est célèbre, n’a que vingt deux ans, et ainsi de suite). On n’est pas obligé de prendre la Révolution Français&amp;nbsp;; les périodes de changement, de manière générale, permettent d’observer de tels phénomènes. Pour prendre l’exemple de la réforme protestante, Luther publie ses 95 thèses à 34 ans, et ses partisans sont dans la plupart des cas de la jeune génération. Calvin réforme Genève pour la première fois à 29 ans.   &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Cette jeunesse pourrait bien n’être qu’une pure illusion et c’est une notion tout à fait relative. Après tout, même Gorbatchev a 54 ans paraissait fort jeune – parce que Tchernenko, son prédécesseur avait vingt ans de plus.  &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;

L’espoir que l’on place dans la jeunesse est simple&amp;nbsp;: elle semble n’être que futur. Dans les périodes de blocage, le dégoût des choses présentes atteint celle du passé, puisque ce passé nous a amené à l’haïssable présent. «&amp;nbsp;Désir d’avenir&amp;nbsp;» est alors un mot d’ordre qui n’est pas inefficace&amp;nbsp;! En cette période, celui qui est jeune, pourvu qu’il ait quelque talent, est béni. Sans lien avec le passé, il est une promesse d’avenir&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/06/23/#pnote-381-1&quot; id=&quot;rev-pnote-381-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt; Petit à petit, l’exigence de jeunesse grandit. On se contente d’homo novus, d’hommes qui se sont faits eux-mêmes, qui ne doivent rien à leurs ascendants&amp;nbsp;; puis on veut des hommes au passé presque vide (au risque de prendre l’obscurité pour l’innocence)&amp;nbsp;; puis on désire la jeunesse pure, insoupçonnable.  &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
C’est en ce sens que la contre-argumentation proposé par Koz et le Chafouin a un sens&amp;nbsp;; répondre à cette apparente «&amp;nbsp;nouveauté&amp;nbsp;» dont se pare monsieur Besancenot en lui opposant l’ancienneté des thèses qu’il défend n’est pas sot. Mais ce n’est pas la dénonciation du discours qui aura un effet. Du reste, puisque comme Koz le dit si bien, il n’y a pas de dialogue possible, c’est au-delà d’une confrontation classique et rationnelle des discours qu’il faut penser sa stratégie. Une grave erreur est d’utiliser tout ce que Besancenot emploie pour paraître jeune et simple. Ainsi, Koz écrit «&amp;nbsp;le facteur ». C’est servir l’adversaire. «&amp;nbsp;Le porte-parole de la Ligue Communiste Révolutionnaire », «&amp;nbsp;le secrétaire-général du Nouveau Parti Anticapitaliste&amp;nbsp;» (je ne connais pas la fonction officielle d’Olivier Besancenot dans cet organe, je l’avoue&amp;nbsp;; ici, je force un peu le trait)&amp;nbsp;; voici comment il faudrait l’appeler. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Je ne crois pas, toutefois, qu’il faille être alarmiste. La popularité d’Olivier Besancenot est réelle&amp;nbsp;; mais la popularité n’est pas la crédibilité. Il faut d’abord s’inquiéter du fait que notre système produit des électeurs séduits par l’idéologie de la LCR&amp;nbsp;; que la machine à fabriquer du bourgeois que doit être une bonne démocratie, ainsi que &lt;a href=&quot;http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2005/11/09/71-la-bourgeoisie-valeur-fondamentale-de-la-democratie&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;je l’ai écrit&lt;/a&gt; il y a longtemps, ne fonctionne plus. C’est d’abord là qu’est le problème.  &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;Ceci dit, il est certain que le jeu des parallèles est séduisant. La jeunesse relative de Nicolas Sarkozy l’a un temps servi&amp;nbsp;; pour ma part, je crois à l’immaturité profonde du personnage, à qui je refuse de reconnaître la perspicacité et la pénétration que beaucoup lui prêtent (je n’en dirais pas autant d’une grande partie de son entourage). De façon incroyable, tout le passé de Sarkozy a été soit effacé (le partisan de Balladur plein de duplicité était vite oublié) ou mythifié (l’action au ministère de l’intérieur, transformé en grand succès). Et il a bénéficié de cette popularité de début de mandat, similaire à la popularité du début du règne de Louis XVI&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/06/23/#pnote-381-2&quot; id=&quot;rev-pnote-381-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;. Ce n’est plus le cas. Aujourd’hui, la voie est ouverte aux plus jeunes.
&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Une leçon que le P.S. devrait méditer. Ce n’est ni un quarantenaire, ni un cinquantenaire qu’il faut, mais au minimum un trentenaire – moins serait s’exposer aux accusations de démagogie. Lionel Jospin trouvait Jacques Chirac «&amp;nbsp;usé ». Un propos qui, en son temps, semble avoir été néfaste au candidat socialiste. Mais c’était bien prophétique&amp;nbsp;; songez aux réactions lors de l’allocution de Jacques Chirac en lunettes, ou dans sa «&amp;nbsp;rencontre avec les jeunes&amp;nbsp;» sur le Traité Etablissant une Constitution pour l’Europe.  &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Les illusions que nous nous faisons sur l’âge sont aussi puissantes, sinon plus, que celles que nous nous faisons sur les données politiques essentielles. Le vrai antidote serait d’être moins attentif à des questions aussi futiles que l’âge des individus – on peut être plein d’expérience et de maturité à trente ans, et d’une puérilité accablante à cinquante – et de ne pas oublier que mépriser le présent n’oblige pas à détester le passé. Et je retrouve en concluant ainsi l’éthique de l’historien.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&quot;footnotes&quot;&gt;&lt;h4&gt;Notes&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/06/23/#rev-pnote-381-1&quot; id=&quot;pnote-381-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] A ce titre, le messianisme de la jeunesse pourrait apparaître d’une amusante comparaison entre le Christ et Siddhārtha Gautama (Bouddha). Le Christ, celui qui annonce « la bonne nouvelle », meurt à 33 ans. Bouddha, dont le discours me paraît beaucoup moins messianique, meurt à 80 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/06/23/#rev-pnote-381-2&quot; id=&quot;pnote-381-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;] A vrai dire, je m’effraie de voir que j’apprécie plus les premiers efforts de Louis XVI que ceux de Nicolas Sarkozy. Ma réputation de contre-révolutionnaire monstrueusement réactionnaire ne va pas s’améliorer !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
</description>
    
    
    
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    <title>Internet : la proie et l'ombre</title>
    <link>http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/06/22/Internet-%3A-la-proie-et-lombre</link>
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    <pubDate>Sun, 22 Jun 2008 14:07:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Raveline</dc:creator>
        <category>It's a Geek world</category>
        <category>Internet</category><category>Morale</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Tout le monde bruisse et s'émeut des nouvelles &quot;attaques&quot; contre Internet. Arrêt sur image consacrait récemment une émission sur la question. Jules et Versac commentent par avance la loi Hadopi. Et ainsi de suite. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Je ne saurais, comme un Cratyle ou un Versac, échafauder de subtiles analyses d'Internet. &lt;br /&gt;
Je peux tout de même me poser une question. S'il est certain qu'Internet est potentiellement le lieu d'excès et d'illégalités, et si, puisqu'il semblerait que des propos récents de Nadine Morano aient joué le rôle de catalyseur de cette nouvelle vague, certains craignent pour l'innocence de leurs enfants face à Internet, il y a une chose que je ne comprends pas&amp;nbsp;: pourquoi &quot;Internet&quot;&amp;nbsp;? &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
&quot;Internet&quot; est une appellation trompeuse. Ce terme devrait conserver un sens technique et précis. Lorsqu'on dit&amp;nbsp;: &quot;Attention à Internet&quot;, ce n'est pas d'Internet que nous parlons. Mais tout simplement de la société elle-même, de l'humanité elle-même qui emploie cet outil quasi-universel, sinon de la &lt;em&gt;publication&lt;/em&gt; dans l'absolu. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Il est normal et sain, à mon sens, de se méfier de ses contemporains. Et de contempler avec dégoût l'écume, l'égout bouillonnant que forme l'assemblage divers des opinions, des voix, des sottises - et même des sagesses - qui vont et viennent sur une place publique comme sur un réseau. &lt;br /&gt;
Mais il est également tout à fait bon, lorsque nous méprisons, craignons, ressentons violemment toute interaction massive avec nos &lt;em&gt;semblables&lt;/em&gt; de ne pas blâmer le lieu de cette interaction. Ayant comme Embruns mes profonds moments de misanthropie, et un luthéranisme parfois fervent se greffant à cette tendance naturelle, je suis tout à fait d'accord pour dire que l'homme est une créature méprisable, à tout égards&amp;nbsp;; je ne crois pas ébranler le temple de la vérité en disant de telle banalités. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
A l'inverse, esthète et essayant de comprendre le passé à travers la réalisation d'hommes, jamais je ne me laisserais dire sans douter qu'une création de l'homme est également méprisable. Bien au contraire, il n'est de salut et d'honneur pour notre espèce - si je puis me permettre de donner un avis de moraliste - que par ses réalisations, bien plus que par ses individus. En ce sens, mes opinions libérales et individualistes sont plus une ruse collectiviste qu'autre chose&amp;nbsp;: c'est parce que je crois que les individus laissés à eux-mêmes seront le secours de ce qui nous grandit en tant qu'espèce que je crois au respect de l'individu. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Or il se trouve aujourd'hui, à propos d'Internet, qu'on défend la dignité de l'homme en insultant sa création. Internet est un accomplissement. Ceux qui vont et viennent sur ce réseau, oui, sans doute, comme tout homme, ne sauraient échapper au mépris&amp;nbsp;; même un géant connaît ses contempteurs. Mais parler &quot;d'Internet&quot;, accuser l'œuvre, quand on s'en prend, au fond, à la médiocrité naturelle de l'homme&amp;nbsp;; pour citer une phrase que les juristes connaissent bien, &quot;l’homme avec ses faiblesses, ses passions, ses imprudences&quot;&amp;nbsp;; mettre sur le compte de la création l'inépuisable nullité du créateur, bref, &lt;em&gt;accuser Internet au nom de l'Homme&lt;/em&gt;, voilà qui alimente ma misanthropie et montrer que décidément, non, l'homme en général n'est guère digne de ses facultés créatrices. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Mais enfin, les enfants sont menacés&amp;nbsp;; les auteurs dépouillés&amp;nbsp;; les terroristes pullulent et la calomnie se fait entendre partout. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
A la vérité, dans quelque cénacle que ce soit, dans quelque société qu'on se trouve, les plus faibles sont sans protection&amp;nbsp;; ce qu'on vole aisément est volé&amp;nbsp;; ceux qui peuvent perpétrer un grand forfait à peu de frais le feront&amp;nbsp;; et on diffame depuis l'Illiade et avant même. Sage réaction, quand le reflet est désagréable, d'accuser le miroir&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>De bon conseil</title>
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    <pubDate>Fri, 20 Jun 2008 17:40:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Raveline</dc:creator>
        <category>Quote / Unquote</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Il faut, selon Rivarol, éviter&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;Les mots trop vieux, les mots trop nouveaux et les expressions trop guindées.&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;


&lt;p&gt;Aïe. Bigre, je stresse&amp;nbsp;: un tel art me faut.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>La mort du Roi - Prologue (III/5b) - La mort du Roi et le temps court</title>
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    <pubDate>Thu, 19 Jun 2008 00:38:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Raveline</dc:creator>
        <category>La mort du Roi</category>
        <category>1792</category><category>France</category><category>Histoire</category><category>Louis XVI</category><category>Révolution Française</category><category>XVIIIe siècle</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;Deuxième billet sur le 20 juin&amp;nbsp;; je sais, j'ai mis plus de temps que prévu. Là encore, je ne suis pas satisfait de la construction, et j'espère que le texte n'est pas trop rébarbatif. Le lecteur voulant aller à l'essentiel trouvera, vers la fin, dans une partie intitulée &quot;Notre synthèse du 20 juin&quot; ce qui me semble le plus intéressant et le moins fastidieux. Le troisième billet sur cette journée sera plus court. Je ne m'engage pas sur la date de publication&amp;nbsp;; errare humanum est, sed perseverare...&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Avant le face à face.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Un nouvel épisode rapporté par Roederer citant Mouchet montre qu’à l’intérieur du château, l’ambiance est plus électrique. Dans la salle des Cent-Suisses, à l’étage, on a fait monter un canon. Boucher-René s’en émeut. La réaction de ceux qui l’entendent paraît prometteuse&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Plusieurs préviennent ses reproches en se blâmant eux-mêmes&amp;nbsp;; tous paraissent fâchés de ce qu’ils ont fait »&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/06/19/La-mort-du-Roi-Prologue-III/#pnote-378-1&quot; id=&quot;rev-pnote-378-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;. Encore une fois, la mécanique de la journée semble connaître un petit decrescendo, et la radicalisation paraît faire marche arrière. Est-ce l’idée d’approcher le Roi, la proximité du but, qui douche ainsi l’avant-garde de la manifestation&amp;nbsp;? Toutefois, en essayant de redescendre le canon (non sans mal), «&amp;nbsp;beaucoup de gens disaient (dans l’escalier) que ce canon s’était trouvé dans les appartemens, et étaient fort aigris d’une mesure qui ne pouvait être dirigée que contre le peuple&amp;nbsp;» &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/06/19/La-mort-du-Roi-Prologue-III/#pnote-378-2&quot; id=&quot;rev-pnote-378-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;. Depuis la bastille, on l’a vu, les canons jouent un rôle fondamental dans la psychologie des manifestants. Leur présence est effrayante, quand la bouche du canon est tourné vers soi&amp;nbsp;; et on retourne le canon pour se rassurer et se donner le triomphe. Ici, c’est pourtant bien ce canon déjà saisi, mis au service de l’attroupement, qui effraie; parce qu'on le croit aux mains de &quot;l'ennemi&quot;. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Le chef de la deuxième légion de la garde nationale court prévenir le Roi, et lui dit «&amp;nbsp;qu’il est nécessaire pour son salut de se montrer au peuple. Le Roi, sans hésiter, consent.&amp;nbsp;» &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/06/19/La-mort-du-Roi-Prologue-III/#pnote-378-3&quot; id=&quot;rev-pnote-378-3&quot;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt; Louis XVI est alors pratiquement sans protection&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/06/19/La-mort-du-Roi-Prologue-III/#pnote-378-4&quot; id=&quot;rev-pnote-378-4&quot;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;. Mais quatre grenadiers viennent soudainement à sa rescousse, et nous les entendrons bientôt. A cet instant, Roederer ajoute un épisode dont la véracité est difficile à examiner. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;«&amp;nbsp;M. de la Chesnaye, un des grenadiers qui entouraient le roi, le chapeau sur la tête, et son fusil à la main, lui dit&amp;nbsp;: Sire, n’ayez pas peur. Le roi répondit&amp;nbsp;: je n’ai pas peur, mettez la main sur mon cœur, il est pur et tranquille&amp;nbsp;; et prenant la main du grenadier, il l’appuya avec force sur sa poitrine.&amp;nbsp;» &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/06/19/La-mort-du-Roi-Prologue-III/#pnote-378-5&quot; id=&quot;rev-pnote-378-5&quot;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;


&lt;p&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Le point de vue des grenadiers&lt;/em&gt;
&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Le Roi fait lui-même ouvrir les portes (qui, il est vrai, étaient en train d’être défoncées). Immédiatement, la foule s’engouffre.  S’ensuit un long face à face, où le Roi agit, d’après nos témoignages, avec plus de dignité que la lettre de Ruault le laissait entendre. Nous disposons  de plusieurs compte-rendus émanant des gardes qui ont entouré le Roi, réunis par la municipalité ou le conseil général (la Revue rétrospective n’est pas très claire sur ce point). Il s’agit essentiellement de&amp;nbsp;:
&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
I – «&amp;nbsp;François-Anne Le Crosnier, négociant, demeurant rue de la Chanvrerie, n°22, grenadier au bataillon de Sainte-Opportune ». &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/06/19/La-mort-du-Roi-Prologue-III/#pnote-378-6&quot; id=&quot;rev-pnote-378-6&quot;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
II – «&amp;nbsp;Louis-François Bidaut le jeune, grenadier volontaire de Sainte-Opportune, compagnie de M. Lemonnier (…) de service au poste de la reine ». «&amp;nbsp;Commis chez MM. Bélangé et Bidaut, mon frère ».&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/06/19/La-mort-du-Roi-Prologue-III/#pnote-378-7&quot; id=&quot;rev-pnote-378-7&quot;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
III – «&amp;nbsp;Jean-Michel Gossé, citoyen actif, et grenadier volontaire du bataillon de Sainte-Opportune, demeurant chez M. Moraina et compagnie, négocians et banquiers, rue des Mauvaises Paroles (…) de garde au château des tuileries ». &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/06/19/La-mort-du-Roi-Prologue-III/#pnote-378-8&quot; id=&quot;rev-pnote-378-8&quot;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
IV – «&amp;nbsp;Marie-Thomas-Jacques Guibout, marchand de galons, rue aux Fers, grenadier du bataillon de Sainte-Opportune (…) de service, mercredi dernier 20 juin (…) chez le Roi.&amp;nbsp;» &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/06/19/La-mort-du-Roi-Prologue-III/#pnote-378-9&quot; id=&quot;rev-pnote-378-9&quot;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
V – Bouel et Picat, respectivement sergent des grenadiers et chasseur volontaire des Petits-Pères.&amp;nbsp;» &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La surreprésentation de la section de Sainte-Opportune (dans l’actuel 4e arrondissement) peut s’expliquer tant par la proximité géographique que par l’éventuel conservatisme d’une section probablement assez bourgeoise, où on pouvait aisément trouver des gens prêts à protéger le Roi et sa famille. Le Crosnier et Guibout sont négociant&amp;nbsp;; Bidaut et Gossé travaillent probablement pour des gens aisés (Gossé a soin de préciser «&amp;nbsp;citoyen actif », c’est à dire payant un impôt suffisamment élevé pour avoir droit de vote). Leur témoignage, du reste, manifeste un certain mépris de la masse populaire et un certain sens du devoir, sinon de l’affection envers la famille royale&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/06/19/La-mort-du-Roi-Prologue-III/#pnote-378-10&quot; id=&quot;rev-pnote-378-10&quot;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;. La section des Petits-Pères (actuel 3ème arrondissement) est de la même coloration politique (une partie de sa garde protège le roi le 10 août). Les voix que nous allons entendre ne sont pas nécessairement celle de monarchistes, de conservateurs durs&amp;nbsp;; mais ce sont à tout le moins celles de bourgeois parisiens, d’«&amp;nbsp;amis de l’ordre », en quelque sorte. Roederer dit ainsi que «&amp;nbsp;la garde du château était ordinairement confiée aux plus zélés constitutionnels&amp;nbsp;» ; mais si on prend en compte la tiédeur d’une grande partie de la garde du château (peu convaincus que le roi fut lui-même un partisan de la Constitution), ce «&amp;nbsp;dernier carré&amp;nbsp;» que nous allons entendre est probablement peu représentatif de l’ensemble de la garde nationale dépêchée aux Tuileries. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
L’alerte fut rapidement donnée, qui devait attirer tous ces gardes auprès du Roi. Chacun fait ainsi témoignage des circonstances qui les ont amené à venir défendre la personne royale&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/06/19/La-mort-du-Roi-Prologue-III/#pnote-378-11&quot; id=&quot;rev-pnote-378-11&quot;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;«&amp;nbsp;Un volontaire vint annoncer que des brigands forçaient la porte de l’appartement où était le Roi. Cette alerte nous fut confirmée dans l’instant par un chevalier de Saint-Louis (…). &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Nous traversâmes aussitôt l’appartement où étaient la Reine avec plusieurs personnes des deux sexes&amp;nbsp;; je déclare avoir remarqué Madame Royale&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/06/19/La-mort-du-Roi-Prologue-III/#pnote-378-12&quot; id=&quot;rev-pnote-378-12&quot;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt; fondant en larmes. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Arrivé au nombre de quatre à cinq grenadiers (dont M. Bidaut, rue aux Fers, était un), à l’appartement où étaient le Roi et madame Elisabeth&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/06/19/La-mort-du-Roi-Prologue-III/#pnote-378-13&quot; id=&quot;rev-pnote-378-13&quot;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;, je déclare que le Roi était entouré de quelques personnes, et avoir entendu les coups de hache ou autres instrumens semblables, redoublés sur la porte&amp;nbsp;; en avoir vu sauter deux panneaux. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Nous nous mîmes dans l’instant en devoir de repousser ceux qui se présenteraient&amp;nbsp;: nous les avons tenus en respect pendant une ou deux minutes&amp;nbsp;; mais voyant que nous allions périr sous le nombre dont les piques étaient en avant sur nous, nous nous sommes repliés sur la personne du Roi, que je n’ai plus quitté.&amp;nbsp;» &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/06/19/La-mort-du-Roi-Prologue-III/#pnote-378-14&quot; id=&quot;rev-pnote-378-14&quot;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;


&lt;p&gt;Bidaut, cité dans ce témoignage, confirme ce récit, mais précise&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;«&amp;nbsp;Embarrassé dans ma course par la susdite foule, qui voulait forcer la dernière porte, à quoi je me suis opposé de toutes mes forces, j’ai été repoussé, frappé d’un coup de bâton à la tête, et atteint d’un coup de pique qui a percé mon habit du côté gauche. Echappé de cette catastrophe, que je puis qualifier d’assassinat, je me suis hâté d’arriver à la chambre, qu’on nomme, je crois, l’Œil-de-bœuf, appartement qu’occupait alors le Roi ». &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/06/19/La-mort-du-Roi-Prologue-III/#pnote-378-15&quot; id=&quot;rev-pnote-378-15&quot;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;


&lt;p&gt;L’impression de foule, et de foule hostile, est confirmée par les autres témoignages. Gossé, posté à la Porte-Royale, voyant la foule forcer le passage, arrive par un chemin différent des deux précédents&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;«&amp;nbsp;Je reçois l’ordre de me porter vers la personne du Roi, qu’on disait être en danger. Le détachement dont je faisais partie ayant été arrêté par un peuple immense, j’ai fendu la presse et me suis trouvé dans un corridor, au milieu d’hommes armés de piques, lances et autres. Je suis entré dans un appartement où j’ai trouvé le Roi, accompagné de madame Elisabeth, et presque sans suite&amp;nbsp;; aussitôt Sa Majesté a crié&amp;nbsp;: A moi&amp;nbsp;! quatre grenadiers de la garde nationale. Je dis au Roi&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Sire, je jure entre vos mains de mourir pour votre défense.&amp;nbsp;» &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/06/19/La-mort-du-Roi-Prologue-III/#pnote-378-16&quot; id=&quot;rev-pnote-378-16&quot;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;


&lt;p&gt;Non loin de Gossé, Guibout&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;«&amp;nbsp;Au moment où l’on a menacé de forcer la Porte-Royale, étant alors de garde au poste d’honneur, on a crié aux armes&amp;nbsp;! et alors on nous a rangés en colonne, à côté de ladite porte. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Cinq minutes après qu’elle eut été forcée, le ministre de la guerre est venu demander du renfort&amp;nbsp;: je l’ai suivi avec d’autres grenadiers. Arrivé dans une pièce, dite l’Œil-de-Bœuf, nous nous sommes placés avec beaucoup de peine, en fendant la multitude, vis-à-vis la fenêtre, dans l’embrasure de laquelle le Roi était monté, entouré seulement d’environ sept à huit gardes nationaux.&amp;nbsp;» &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/06/19/La-mort-du-Roi-Prologue-III/#pnote-378-17&quot; id=&quot;rev-pnote-378-17&quot;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;


&lt;p&gt;Voici donc la fâcheuse posture dans laquelle nos quatre gardes, plus trois ou quatre autres, et le roi lui-même se retrouvent&amp;nbsp;: dos à une fenêtre, entouré d’une foule hostile. Il semble que ce nombre de «&amp;nbsp;garde du corps&amp;nbsp;» ait ensuite augmenté, ce qui peut expliquer la survie du roi ce jour. La suite de leur témoignage laisse voir un moment de tension, où quelques meneurs tentent d’obtenir quelque chose, mais où manifestement rien ne se produit. Reprenons le fil&amp;nbsp;; d’abord, Le Crosnier&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;«&amp;nbsp;Je déclare qu’un des premiers qui est entré était armé d’un long bâton, au bout duquel était une lame d’épée rouillée, très pointue. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Ce brigand s’est mis en posture de foncer sur la personne du Roi&amp;nbsp;; nous avons écarté ses coups avec nos baïonnettes. J’en ai remarqué un autre qui tenait un sabre d’une main et un pistolet à plusieurs coups, qui n’avait rien moins que de mauvaises intentions. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Nous fûmes bientôt forcés de nous replier jusque dans l’embrasure de la fenêtre, où le Roi s’était retiré, entouré de M. Vanot, notre commandant, plus, d’un chevalier de Saint-Louis, en uniforme de garde national, et deux ou trois volontaires. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Je déclare être monté aussitôt sur la banquette où était monté le Roi, ainsi que les personnes ci-dessus. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
C’est alors que j’ai remarqué un brigand d’environ trente-six ans, taille de cinq pieds deux ou trois pouces, figure brune et grêlée de petite vérole, très mal vêtu, armé d’un sabre, qui, avec efforts, a percé la foule, et a démontré par ses gestes qu’il voulait attenter aux jours du Roi, en tenant les propos les plus sales&amp;nbsp;; que ce brigand était écarté par les volontaires qui nous avaient rejoints et qui formaient un rempart devant le Roi. (…) &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Je déclare de plus que j’ai encore remarqué, pendant plus d’une heure, un grand jeune homme, d’environ six à sept pouces, presque blond, âgé d’environ vingt à vingt-cinq ans, vêtu, à ce que j’ai pu remarquer, d’une redingote merdois clair, qui est parvenu à percer la foule jusque auprès du fauteuil où se trouvait monté M. Pétion. Ce brigand criait et répétait continuellement&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Sire&amp;nbsp;! … … Sire …&amp;nbsp;! Je vous demande au nom de cent mille ames qui m’entourent, le rappel des ministres patriotes que vous avez renvoyés. Je demande la sanction du décret sur les prêtres et les vingt mille hommes&amp;nbsp;; l’exécution des lois, ou vous périrez.&amp;nbsp;» &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Le Roi lui a répondu&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Vous vous écartez de la loi. Adressez vous aux magistrats du peuple.&amp;nbsp;» Je crois me rappeler que ce sont là les vraies paroles du Roi. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Ce brigand s’agitait d’une manière furieuse, et ses gestes étaient menaçans. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Je déclare avoir remarqué, avec indignité, que M. Pétion ne lui a pas une seule fois imposé silence, quoiqu’il fût tout à côté de lui. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Ce brigand a disparu lorsque M. Pétion a harangué le peuple en lui tenant (autant que je me rappelle) ce langage&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Citoyens vous avez fait vos justes représentations au Roi&amp;nbsp;; je vous engage, au nom de la loi, à vous retirer avec la même dignité que vous êtes entrés.&amp;nbsp;» &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Je dois encore déclarer que, pendant la présence des brigands, il s’élevait des cris et des hurlemens affreux, parmi lesquels on distinguait des imprécations contre la personne du Roi. »&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
(&lt;em&gt;J’ajoute ce délicieux post-scriptum&lt;/em&gt;)&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;J’entends en parlant de brigands ceux qui excitaient le peuple qui se trouvait là à assassiner le Roi, et qui voulaient l’égarer.&amp;nbsp;» &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/06/19/La-mort-du-Roi-Prologue-III/#pnote-378-18&quot; id=&quot;rev-pnote-378-18&quot;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;


&lt;p&gt;Jusqu’à quel point peut-on se fier à ce témoignage&amp;nbsp;? Il paraît clairement à charge contre Pétion. Plusieurs éléments paraissent quelque peu étonnant – mais pas, en soi, impossible. Tout d’abord, le temps indiqué pour le face à face, une heure, paraît bien long, sans qu’il n’y ait vraiment de combat, plutôt une intimidation réciproque, mais nous nous pencherons plus tard sur la question du déroulement chronologique. Ensuite, la réponse posée du Roi, et quelque peu euphémique («&amp;nbsp;vous vous écartez de la loi », c’est le moins qu’on puisse dire !), donne au personnage un sang-froid qu’on ne l’imagine pas aisément avoir. Enfin, la dernière phrase de Pétion («&amp;nbsp;vous avez fait vos justes représentations », et «&amp;nbsp;avec la même dignité que vous êtes entrés », i.e. en défonçant la porte) paraît un peu trop décalée par rapport à la réalité pour être réelle, à moins que Pétion n’ait été lui-même vivement effrayé par la foule, et ne craigne qu’elle tourne sa colère contre lui (ce n’est pas, nous le verrons, sa version). Voyons ce que nous dit Bidaut&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;«&amp;nbsp;Je me place de suite (à la gauche du Roi), faisant face et de mon corps et de mon fusil à cette multitude effrénée&amp;nbsp;; une d’elles présente un bonnet rouge au bout d’un bâton, je crois&amp;nbsp;; il est pris et placé sur la tête du Roi&amp;nbsp;; au même instant, j’entends proférer ces mots aussi coupables qu’indécens&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Il a f…… bien fait de le mettre, car nous aurions vu ce qu’il en serait, et f……. s’il ne sanctionne le décret sur les prêtres réfractaires et sur le camp des vingt mille hommes, nous reviendrons tous les jours, et c’est par là que nous le lasserons et que nous saurons nous faire craindre.&amp;nbsp;» &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Le premier de ces quidam, qui a traversé les différentes salles du château, porte une figure brune, marquée de petite vérole, la taille d’environ cinq pieds trois pouces, vêtu d’une redingote brunâtre, un pantalon de toile, ledit armé d’un long pistolet, avec dard de la main droite, et de la gauche un sabre nu, criant &lt;em&gt;en bas le veto&amp;nbsp;! au diable le veto !&lt;/em&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;Un autre, injustement vêtu de l’habit de garde national, avec les épaulettes jaunes, était armé d’un fusil duquel il menaçait quiconque s’opposait à sa fureur&amp;nbsp;; mille propos aussi injurieux que vexatoires, partis de cette même foule, ont autant de fois frappé mes oreilles. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;

&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;J’observerai que, lorsque l’officier est venu me chercher pour la défense du Roi, une partie de cette populace m’a forcé d’ôter ma baïonnette de mon fusil, et m’a menacé de me frapper si je la remettais. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Je déclare en outre avoir remarqué un fort de la halle, armé d’un sabre, cherchant tous les moyens possibles pour pénétrer à la personne du Roi, mais que nous avons repoussé.&amp;nbsp;» &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/06/19/La-mort-du-Roi-Prologue-III/#pnote-378-19&quot; id=&quot;rev-pnote-378-19&quot;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;


&lt;p&gt;Le témoignage recoupe en partie le précédent, notamment l’homme à la redingote et à la petite vérole&amp;nbsp;: ce pourrait être Santerre, mais il a dix ans de plus ce qu’on lui prête. Le fort de la halle pourrait être le boucher Legendre&amp;nbsp;; mais les leaders de cette journée sont nombreux. La précision des témoignages et des descriptions, toutefois, plaide plutôt pour leur réalité. On sent que les meneurs sont identifiables, sinon déjà connus. On reviendra sur l’épisode du bonnet rouge. Gossé offre une vision plus tragique&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;«&amp;nbsp;Madame Elisabeth, les larmes aux yeux, m’a répondu&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Monsieur, défendez le Roi.&amp;nbsp;» Au-même instant nous entendons un bruit affreux&amp;nbsp;; déjà les pans des portes de l’appartement où se trouvait le Roi sont brisés. Nous invitons Sa Majesté à se placer dans l’embrasure d’une croisée, où elle a aussitôt donné ordre d’ouvrir les portes. Un officier municipal fait tous ses efforts pour être tendu, mais en vain&amp;nbsp;: une députation de l’Assemblée nationale arrive, et au milieu des cris d’à bas Monsieur Veto, un membre parvient à se faire entendre&amp;nbsp;; un second membre veut parler&amp;nbsp;; il réclame la constitution et les lois&amp;nbsp;; sa voix est étouffée par d’autres cris d’à bas la loi&amp;nbsp;: une seconde députation de l’Assemblée se présente, parle au Roi et au peuple. Enfin, paraît M. Pétion&amp;nbsp;; il harangue le peuple et le fait défiler. Il y avait à peu près deux heures et demie que le Roi était à la croisée, lorsque m’adressant à notre maire, je lui dis&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Monsieur, il serait bon que vous vous portassiez vers la porte brisée, afin d’arrêter le défilé&amp;nbsp;; » ce qu’il exécuta. Je profitai de ce moment pour aider le Roi à passer dans un autre appartement. Nous parvînmes, au milieu de la multitude, à transporter Sa Majesté dans une autre pièce. Là, la Reine et la famille royale se jetèrent dans les bras de Sa Majesté, en versant des torrens de larmes. Je n’ai quitté le Roi que l’orsqu’il a donné les ordres de le laisser seul. »&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/06/19/La-mort-du-Roi-Prologue-III/#pnote-378-20&quot; id=&quot;rev-pnote-378-20&quot;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;


&lt;p&gt;La durée du face à face s’allonge encore, pour atteindre deux heures et demi. Il faut compter avec les exhortations contradictoires, notamment de Pétion et de la députation de l’Assemblée. Le commandant général de la garde, dans des éclaircissements à son rapport&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/06/19/La-mort-du-Roi-Prologue-III/#pnote-378-21&quot; id=&quot;rev-pnote-378-21&quot;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt; donne comme repères précis&amp;nbsp;: autour de six heures et demi, Pétion a harangué le peuple&amp;nbsp;; le calme est revenu vers 21h00. Là où je manque d’information, c’est la durée précise du moment où le Roi s’est retrouvé acculé. Le «&amp;nbsp;défilé du peuple&amp;nbsp;» organisé par Pétion, non repris par les autres témoignages, est un peu curieux, mais il peut s’agir des efforts du maire pour organiser un peu la foule, et donner un peu plus de formalisme à la journée. Il est tout à fait possible que Gossé soit fidèle aux faits, et ému par les larmes des proches du Roi&amp;nbsp;; mais son témoignage crée un tel contraste entre un peuple informe et discrédité par des cris comme «&amp;nbsp;à bas la loi », et une famille royale victime de ce même peuple, qu’il convient de rester mesuré. Voyons enfin la version de Guibout&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;«&amp;nbsp;Je déclare avoir vu, parmi les personnes armées de piques, bâtons ou fusils, un homme portant, au bout d’une fourche, un cœur de veau, avec cette inscription&amp;nbsp;: Cœur des aristocrates, et ledit homme affecta de le mettre sous les yeux de Sa Majesté. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
J’ai reconnu un sieur Soudin, soi-disant vainqueur de la Bastille, armé d’un fusil avec la baïonnette&amp;nbsp;; cet homme s’avançait toujours vers le Roi d’un air menaçant, et tenant les propos les plus hardis. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Je déclare que le sieur Soudin a été chassé du bataillon de Sainte-Opportune&amp;nbsp;; qu’il est prouvé que cet homme, à l’époque de la révolution, a été prendre à la morgue les deux têtes de MM. Berthier et Foulon&amp;nbsp;; qu’après les avoir lavées dans un seau d’eau, il les a porté sur le quai de la Féraille, et les a données au peuple pour les mettre au bout d’une pique. On m’a fait remarquer un autre homme, vêtu d’un habit vert, que l’on m’a assuré avoir été un coupe-tête en 1789. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Je déclare avoir entendu crier&amp;nbsp;: A bas le veto&amp;nbsp;! Le rappel des ministres patriotes&amp;nbsp;! il faut qu’il le signe&amp;nbsp;; nous ne sortirons point qu’il ne l’ait fait. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Je déclare avoir vu un homme présenter son bonnet rouge au Roi, et que sur le geste d’acquiescement fait par Sa Majesté, M. Mouchet, officier municipal, le fit passer, et qu’il a été posé sur sa tête&amp;nbsp;; que le peuple a manifesté, par des bravos, des battements de pieds prolongés, et des cris répétés de vive la nation, la joie qu’il a ressentie. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Je déclare que quand le peuple, après la sortie du Roi, a défilé dans les appartemens, on criait toujours&amp;nbsp;: &lt;em&gt;A bas le veto !&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Vive la nation !&lt;/em&gt; que l’on demandait&amp;nbsp;: &lt;em&gt;Est-ce là le lit du gros Veto&amp;nbsp;? Ah&amp;nbsp;! M. Veto a un plus beau lit que nous. Où est-il donc le gros Véto ?&lt;/em&gt; etc., etc., etc.&amp;nbsp;» &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/06/19/La-mort-du-Roi-Prologue-III/#pnote-378-22&quot; id=&quot;rev-pnote-378-22&quot;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;


&lt;p&gt;Guibout me paraît le plus observateur et le mieux renseignés de tous. On notera d’abord que le premier détail qu’il repère, le fameux «&amp;nbsp;cœur des aristocrates », a déjà été vu à l’Assemblée (nous en avons parlé précédemment). Celui qui portrait ce cœur de veau devait être fort heureux de sa trouvaille, pour l’afficher ainsi en permanence. Je ne connais pas d’autres témoignages de la participation de Pierre Soudin au défilé des têtes de Berthier et Foulon –mais, l’homme venant de la même section que Guibout, notre témoin peut être bien renseigné. Par contre, vous noterez avec intérêt cette tournure&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;à l’époque de la révolution », qui suppose que, pour notre témoin, la révolution est finie. Mais ce qui donne à mon sens beaucoup de crédit au témoignage de Guibout, c’est la version détaillée qu’il donne de l’épisode du bonnet rouge. Dans la lettre de Ruault, le Roi s’emparait lui-même du bonnet&amp;nbsp;; la version de Bidaut semble plutôt indiquer qu’on a placé le bonnet de force sur le Roi&amp;nbsp;; ici, on est entre les deux&amp;nbsp;; on semble proposer la chose au Roi, qui acquiesce. Du reste, le peuple, dans le témoignage de Guibout, montre des sentiments contradictoires et variés, ce qui me paraît un peu plus réaliste.  &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Enfin, le bref témoignage de Bouel et Picat conclut ces documents&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;Nous, soussignés, certifions avoir entendu M. Santerre, lequel était à la tête d’une troupe de piques, dire en sortant du Château&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Le Roi a été difficile à émouvoir aujourd’hui&amp;nbsp;; nous y reviendrons demain, nous le ferons évacuer ». &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/06/19/La-mort-du-Roi-Prologue-III/#pnote-378-23&quot; id=&quot;rev-pnote-378-23&quot;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;


&lt;p&gt;Les indices manquent pour dire si c’est là une invention ou la réalité. En faveur de la crédibilité ce témoignage, il semble bien que des coups de force supplémentaires aient été prévus (et évités) quand bien même ils n’étaient pas dès le lendemain, nous y reviendrons&amp;nbsp;; plus encore, le 10 août montre bien que le plan «&amp;nbsp;d’évacuer&amp;nbsp;» le Roi existait. Etant donné que le témoignage est antérieur au 10 août, il ne s’agit pas d’une recréation a posteriori. Cela ne signifie pas pour autant qu’il faut nécessairement croire cette déclaration, mais je serais enclin à penser qu’elle a au moins un fond de vérité. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Ramainvilliers et Pétion&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Nous avons en outre le témoignage de M. de Ramainvilliers, commandant-général, qui dans un rapport du 23 août, présente sa version des faits. Elle est nécessairement quelque peu altéré par sa mission, et par la nécessité de défendre son action – Roederer semble avoir eu des doutes sur son efficacité et il faut reconnaître que le commandant général a brillé par son absence au moment le plus crucial&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/06/19/La-mort-du-Roi-Prologue-III/#pnote-378-24&quot; id=&quot;rev-pnote-378-24&quot;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;. Ramainvilliers insiste sur le fait qu’on soupçonnait le coup de force, qu’on savait que les faubourgs s’agitaient, ce qui ne me paraît plus contestable. Il insiste également sur le fait que Pétion n’a pas donné d’ordres clairs, ce qui là encore paraît avéré, bien que la réalité ait peut être été quelque peu moins caricaturale (Pétion semble surtout avoir donné les ordres trop tard). D’après le commandant général, le château était bien défendu&amp;nbsp;: au début de l’après-midi, dix bataillons ont été placés dans le jardin, deux sur la terrasse, cinq place du Carroussel, quatre sur la place de Louis XVI. Il a autorisé l’entrée d’une députation de vingt individus, sans armes. Mais soudain, «&amp;nbsp;la Porte Royale vint à s’ouvrir, et le peuple, précédé de deux officiers municipaux, entrait avec la rapidité d’un torrent qu’il était impossible d’arrêter&amp;nbsp;; il se porta à l’escalier, enfonça les portes, et parcourut tous les appartemens ». Un peu plus loin, il ajoute&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Quelle a été sa surprise lorsque, s’informant de quelle manière la Porte Royale avait été ouverte, il apprit qu’elle l’avait été au nom de la Loi, par l’ordre des municipaux qui étaient à la tête de cette députation armée et l’avaient introduite toute entière.&amp;nbsp;» Voici un témoignage qui ne déplairait pas à Roederer, soucieux de mettre en cause les officiers municipaux.
&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Bien sûr, Pétion nous tient un tout autre discours. Il multiplie des formules vague, «&amp;nbsp;on ne sait par quel mouvement », «&amp;nbsp;on ne sait comment », pour en arriver au résultat que nous connaissons&amp;nbsp;: l’ouverture de la porte royale, l’assaut du château. Le maire affirme aussi que les appartements manquaient de garde, ce qui contredit bien des témoignages (mais il est vrai que l’intérieur du château était moins gardé que ses alentours). Revenons en à nos officiers municipaux. D’après lui&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;«&amp;nbsp;Les officiers municipaux, présents, firent tout ce qu’ils purent pour maintenir l’ordre&amp;nbsp;; ils voulurent haranguer les citoyens&amp;nbsp;; mais il leur était impossible de se faire entendre. Pour peu qu’on se soit trouvé dans des foules considérables, on sait qu’il est des moments d’agitation qu’il faut laisser passer&amp;nbsp;; que chacun parle, s’incommode, murmure, et que l’empressement même de rappeler au silence fait qu’on ne peut pas l’obtenir.&amp;nbsp;» &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/06/19/La-mort-du-Roi-Prologue-III/#pnote-378-25&quot; id=&quot;rev-pnote-378-25&quot;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;


&lt;p&gt;Pétion parle bien ici des officiers municipaux – il n’est pas encore au château – mais on sent bien que c’est par rapport à sa propre conduite, par la suite, qu’il dit cela. Il affirme arriver au château «&amp;nbsp;un peu avant cinq heures ». «&amp;nbsp;Toutes les issues étaient obstruées, et (il eut) de la peine à pénétrer, quoique les citoyens fissent tous leurs efforts pour me laisser un passage.&amp;nbsp;» Voici qui ne simplifie pas notre tentative d’avoir une vision claire de la chronologie de cette journée. Plus haut, nous avions cru qu’il était 18h30 lorsque Pétion prenait la parole. Mais voyons comment il rapporte sa propre conduite&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;«&amp;nbsp;Dès ce moment, je m’arrêtai sur l’escalier, je conjurai le peuple de se retirer avec ordre, avec tranquillité. Nos instances furent très-vives&amp;nbsp;; quelques citoyens y applaudirent, mais la foule ne diminua pas&amp;nbsp;; peut être au surplus était-il aussi difficile de sortir que d’entrer, tout était plein. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
On ne fait pas d’ailleurs assez souvent une remarque&amp;nbsp;: lorsque le cercle que vous avez à haranguer s’étend trop loin, ceux qui excèdent une certaine portée ne vous entendent pas et le fruit de vos paroles est perdu, et vous ne produisez pas l’effet que vous avez désiré. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Je traversai ensuite, et avec les mêmes difficultés, tous les appartemens jusqu’à celui où était le Roi. Arrivé devant lui, je lui dis ce qui est vrai, ce que je pense, c’est que sa personne était en sûreté, et que les magistrats du peuple veilleraient jusqu’à la mort à sa conservation. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Je le trouvai couvert du signe de la liberté et regardant ce tableau d’un air tranquille, des grenadiers m’exhaussèrent pour parler aux citoyens, je le fis de la manière la plus digne et la plus analogue aux circonstances. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
J’aperçus que ce discours ne fit pas une grande impression, j’aperçus que des citoyens se parlaient d’un air peu satisfait. Je demandai à mes voisins pourquoi, on me dit que l’on avait demandé au Roi la révocation des veto qu’il avait apposés, et qu’il ne s’expliquait pas clairement sur ce point. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Je repris la parole, et certes je ne cherchais pas à flatter l’opinion de ceux qui m’entendaient. Je leur dis ce dont j’étais pénétré, c’est qu’il n’était ni convenable ni juste de demander, dans de semblables circonstances, la révocation des veto&amp;nbsp;; qu’on ne manquerait pas de dire que le Roi n’était pas libre, et qu’il fallait que le Roi agît toujours en pleine liberté.  &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Cette vérité eut quelques applaudissemens&amp;nbsp;; d’autres la reçurent avec un morne silence&amp;nbsp;: presque tous cependant me témoignaient la plus grande confiance&amp;nbsp;; mais il ne faut pas croire que celui qui est investi de ce puissant mobile, puisse à son gré manier et diriger les volontés. S’il heurte trop fort et à contre-temps, il éprouve des résistances invincibles, sans pour cela qu’on cesse d’avoir confiance.» &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/06/19/La-mort-du-Roi-Prologue-III/#pnote-378-26&quot; id=&quot;rev-pnote-378-26&quot;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;


&lt;p&gt;Je cite longuement, parce que ces lignes sont intéressantes. D’abord, elles supposent (et la suite, que je ne cite pas, le permet également) que la harangue de Pétion a duré fort longtemps, et que six heures et demi peut être le moment où il s’est arrêté de parler. Auquel cas, il faudrait tout de même élargir encore le temps du face à face. Nous avons vu que Santerre fait défiler ses hommes à l’Assemblée jusqu’à 15h30. Le temps d’entrer dans le château, mettons au moins 16h30. Nous aurions donc un face à face qui s’étendrait &lt;em&gt;grosso modo&lt;/em&gt;, entre 16h30 et 21h00, pour un total de quatre heures et demi&amp;nbsp;; probablement moins, puisque 21h00 est l'heure où le château est vraiment vide, mais le Roi a du se retirer avant. Ceci pour la chronologie. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Ensuite, on est frappé, je crois, à la lecture, par les petites maximes, les petites réflexions abstraites, çà et là disséminées. Il s’agit non seulement du style de l’époque, mais aussi et surtout des tentatives de justification du maire, expliquant le peu d’impact de son action, au moins dans un premier temps. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Par ailleurs, le silence porté sur l’apparence, l’armement, le comportement du peuple envahissant les tuileries est en soi intéressant. Car si les hommes qui se trouvent au château ressemblent à ceux décrits par les témoignages précédents, on peut comprendre que le Roi et les siens aient craint pour leur sécurité. Or Pétion n’est pas, au sens strict, un homme du peuple. Il ne fréquente probablement pas très souvent les faubourgs, et, s’il a favorisé les événements de cette journée, c’est, je crois, plus par stratégie que par conviction. Il est intéressant aussi de noter le tableau qu’il fait de Louis XVI – et vous noterez que l’éclairage de la scène du bonnet rouge est ici très positif.  &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;

&lt;em&gt;Notre synthèse du 20 juin&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pétion a pour lui un très bon argument&amp;nbsp;: que pouvait-on faire&amp;nbsp;? Que pouvait-on faire contre la foule&amp;nbsp;? «&amp;nbsp;Où était la force réprimante capable d’arrêter le torrent&amp;nbsp;? », écrit-il. Le massacre était hors de question. C’est un problème sur lequel on peut s’arrêter un instant, car il permet des glissements idéologiques périlleux. Pétion insiste sur une vaste, une très vaste foule. On n’est pas dans les «&amp;nbsp;cent mille âmes&amp;nbsp;» lancés à l’invective du Roi dans un témoignage que nous avons vu plus haut, mais nous n’en sommes pas moins dans un endroit bondé. De ce nombre, cette &lt;em&gt;quantité&lt;/em&gt;, on fait trop facilement une &lt;em&gt;qualité&lt;/em&gt;. Non que j’entende dire ici que la masse est nécessairement veule et méprisable, que «&amp;nbsp;les foules sont femelles&amp;nbsp;» comme disait Le Bon, avec autant de mépris que de phallocratie&amp;nbsp;; ou qu'il fallait écraser la journée dans le sang. J’emploie ici le mot qualité dans le sens de l’expression «&amp;nbsp;qualité pour agir&amp;nbsp;» ; et dans le sens où ce nombre &lt;em&gt;ferait&lt;/em&gt; peuple. Nous touchons ici au combat entre démocratie représentative et démocratie directe. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ce n’est pas tant dans ce débat idéologique qu’il nous faut entrer à présent. Notre but est plutôt de nous interroger sur la place du Roi dans ce champ de bataille théorique. Ce n’est pas une place aisée à dessiner, à trouver&amp;nbsp;; la monarchie n’est pas une institution si stable, si fixe, à l’idéologie éternelle et invariante. Comme tout régime politique, elle échappe plus ou moins à la définition. Mais on peut tout de même en trouver des composantes essentielles, et ces composantes la partage entre deux ces camps, du régime direct et de la représentation. Je pense qu’un puissant facteur d’explication de la chute de la monarchie, dans l’histoire longue, c’est l’absence de choix de la monarchie de la fin du XVIIIe siècle entre ce qu’on pourrait appeler &lt;em&gt;monarchie représentative&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;monarchie directe&lt;/em&gt;&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/06/19/La-mort-du-Roi-Prologue-III/#pnote-378-27&quot; id=&quot;rev-pnote-378-27&quot;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;, entre la monarchie rationalisé et assumant son héritage électif (il est vrai, fort ancien), qui s’appuie nécessairement un peu sur l’aristocratie&amp;nbsp;; et la monarchie plus mystique, du roi seul intermédiaire entre Dieu (ou le souverain Bien) et son peuple, égalisant les conditions au-dessous de lui. Tocqueville ne dit guère autre chose (sauf que lui raisonne sur plusieurs siècles, bien qu’il n’argumente réellement que sur le XVIIIe), lorsqu’il parle de l’alliance avec le peuple contre l’aristocratie, et de la passion de l’égalité contre la passion de la liberté (je résume grossièrement et j’en suis bien conscient). &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Or nous sommes ici tout à fait dans ce conflit, dans un moment de choc entre le pouvoir représentatif et le pouvoir direct. La journée révolutionnaire est, par excellence, une mise en scène du pouvoir direct&amp;nbsp;; une volonté de dépasser l’impossibilité matérielle du pouvoir direct, un viol de la représentativité par l’intrusion d’un pseudo-ensemble des représentés dans les sanctuaires des représentants. Dans la foule des manifestants du 20 juin, il y a de toute façon des portes-paroles, des meneurs, qui occupent nécessairement la fonction de représentants. Mais le discours de ces meneurs est par excellence un discours &lt;em&gt;anti-pouvoir représentatif&lt;/em&gt;. Le paradoxe par excellence de la section radicale est le même que celui du monarque&amp;nbsp;: elle prétend à la fois être représentative et directe. Elle &lt;em&gt;est&lt;/em&gt; la nation en la &lt;em&gt;représentant&lt;/em&gt;&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/06/19/La-mort-du-Roi-Prologue-III/#pnote-378-28&quot; id=&quot;rev-pnote-378-28&quot;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;. Nous appellerons ce phénomène, pour aller plus vite, «&amp;nbsp;l’idéologie de la section ». &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Avant que la Porte Royale ne soit ouverte, le pouvoir représentatif domine. On parle d’envoyer une députation de vingt personnes porter la pétition au Roi. Mais cette députation serait une victoire du pouvoir indirect, intolérable pour l’idéologie de la section. Elle l’emporte en obtenant l’ouverture de la porte, et le viol du sanctuaire royal par la foule. Un phénomène récurrent dans les journées révolutionnaires&amp;nbsp;: on pense, bien sûr, aux journées d’octobre 1789&amp;nbsp;; mais aussi à un phénomène bien ultérieur, selon la vision de Flaubert décrivant le sac des Tuileries en 1848&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;«&amp;nbsp;Alors une joie frénétique éclata, comme si, à la place du trône, un avenir de bonheur illimité avait paru&amp;nbsp;; et le peuple, moins par vengeance que pour affirmer sa possession, brisa, lacéra les glaces et les rideaux, les lustres, les flambeaux, les tables, les chaises, les tabourets, tous les meubles, jusqu’à des albums de dessins, jusqu’a des corbeilles de tapisserie.&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/06/19/La-mort-du-Roi-Prologue-III/#pnote-378-29&quot; id=&quot;rev-pnote-378-29&quot;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt; Puisqu’on était victorieux, ne fallait-il pas s’amuser&amp;nbsp;! La canaille s’affubla ironiquement de dentelles et de cachemires. Des crépines d’or s’enroulèrent aux manches des blouses, des chapeaux à plumes d’autruche ornaient la tête des forgerons, des rubans de la Légion d’honneur firent des ceintures aux prostituées. (…) Dans la chambre de la reine, une femme lustrait ses bandeaux avec de la pommade&amp;nbsp;; derrière un paravent, deux amateurs jouaient aux cartes&amp;nbsp;; Hussonnet montra à Frédéric un individu qui fumait son brûle-gueule accoudé sur un balcon&amp;nbsp;; et le délire redoublait au tintamarre continu des porcelaines brisées et des morceaux de cristal qui sonnaient, en rebondissant, comme des lames d’harmonica. (…) Dans l’antichambre, debout sur un tas de vêtements, se tenait une fille publique, en statue de la Liberté, - immobile, les yeux grands ouverts, effrayante. »&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/06/19/La-mort-du-Roi-Prologue-III/#pnote-378-30&quot; id=&quot;rev-pnote-378-30&quot;&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Par la suite, le comportement du Roi même met en jeu le conflit entre les deux figures de la monarchie. Dans un premier temps, son refus d’entrer dans le jeu de la foule, et la déclaration qui lui prête un de nos témoins («&amp;nbsp;vous sortez de la loi »), pose le Roi comme respectueux des institutions, des hiérarchies, et &lt;em&gt;in fine&lt;/em&gt; comme renvoyant la foule à la représentation indirecte. Mais dans un second temps, face à l’échec de cette stratégie, il se reporte sur la démocratie directe, le geste de fusion avec le peuple étant matérialisé par le bonnet phrygien qu’il enfile. Ainsi, après le viol du sanctuaire, c’est le caractère de la personne royale elle-même qui est atteinte. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Toutefois, l’idéologie de la Section ne peut se contenter de ce qui n’est somme tout qu’une mise en scène. Le Roi peut porter un bonnet phrygien&amp;nbsp;; l’espace peut être envahi&amp;nbsp;; les conditions esthétiques de la démocratie directe, ou de l’utopie qu’elle représente, peuvent être réunies d’un coup&amp;nbsp;; cela ne signifie pas pour autant que, sur le fond, il y ait une démocratie directe, cela ne signifie pas que le roi est un citoyen, que les Tuileries sont un lieu public, que la démocratie directe soit tout simplement possible. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Mais lors de la journée du 20 juin, le Roi a incarné un bref instant le choix entre les deux formes du pouvoir. La forme réelle, indirecte&amp;nbsp;; la forme du désir, directe. Il a séduit une dernière fois&amp;nbsp;; et partant, il a déçu une dernière fois. Pour reprendre, en détournant un peu, une formule de Simon Schama, elle-même empruntée à Dickens, le 20 juin fut «&amp;nbsp;le pire et le meilleur moment&amp;nbsp;» de Louis XVI. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Conclusions provisoires&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Avant de nous pencher sur les suites immédiates de la journée, il convient de faire le bilan des éléments que nous nous sommes proposés d’étudier à partir du témoignage de Nicolas Ruault. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;a) &lt;em&gt;Digne comportement du peuple devant le roi&lt;/em&gt;. Il apparaît que, à bien y regarder, la chose est loin d’être évidente. Assurément, quelques meneurs ont fait preuve d’excès. Qualifier la conduite du «&amp;nbsp;peuple&amp;nbsp;» dans son ensemble serait téméraire, au regard de notre aperçu rapide des sources. Cette journée étant celle de toutes les incertitudes et de tous les entre-deux, il faut sans doute reconnaître l’existence d’excès et en même temps, il est probable que le comportement du Roi a impressionné certaines personnes dans l’assistance – fidèle en ce sens à notre refus d’identifier «&amp;nbsp;la foule&amp;nbsp;» en un bloc compact, nous ne trancherons pas définitivement la question. Il paraît clair, toutefois, que Ruault minimise beaucoup la part de violence du face à face. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;b) &lt;em&gt;Passage d’un moment d’inaction peu glorieuse à une déclaration de foi du roi&lt;/em&gt;. S’il est évident que Louis XVI a du hésiter, sinon rester interdit, il paraît exagéré de le montrer en témoin passif réagissant au dernier moment. Au contraire, je crois qu’à partir de la synthèse que nous venons de proposer, le roi fait montre d’un talent politique – de court terme, j’en conviens – qu’on ne lui reconnaît pas souvent.
&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;c) &lt;em&gt;Episode du bonnet rouge et de la bouteille&lt;/em&gt;. Si le bonnet est clairement attesté, la bouteille me paraît tenir de la légende. Voilà qui montre clairement à quel point un événement révolutionnaire est «&amp;nbsp;embrumé », très rapidement, et encombré de détails qui rendent son interprétation et sa restitution si difficile. On voit aussi que cette journée mérite une étude détaillée (elle est, à mon sens, plus révélatrice est presque plus intéressante que le 10 août). Le lecteur notera avec moi combien l’article Wikipedia qui lui est consacrée paraît douteux. Voyez par exemple cette phrase&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;C'est lors de cette journée que Louis XVI but une bouteille de vin rouge proposée par un manifestant, et marcha dans une bouse de vache pour montrer qu'il était «&amp;nbsp;comme le peuple ».&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/06/19/La-mort-du-Roi-Prologue-III/#pnote-378-31&quot; id=&quot;rev-pnote-378-31&quot;&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;


&lt;p&gt;d) &lt;em&gt;La chronologie&lt;/em&gt;. L’événement est bien plus long que ce que dit Ruault, pour qui tout est fini au bout de deux heures et demi. Il est à vrai dire presque incroyable qu’il soit si difficile d’avoir une idée claire du déroulement précis des événements. L’enquête des administrateurs du département souligne justement que&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;«&amp;nbsp;Il est des pièces qui portent que le Maire ne s’est rendu au château des Tuileries qu’à six heures au lieu de cinq heures, comme il l’avance&amp;nbsp;; et les rapports de plusieurs officiers municipaux placent tant d’évènemens avant son arrivée, qu’il y aurait lieu de la croire effectivement plus tardive qu’il ne l’annonce.&lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/06/19/La-mort-du-Roi-Prologue-III/#pnote-378-32&quot; id=&quot;rev-pnote-378-32&quot;&gt;32&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;


&lt;p&gt;S’il faut en croire Romainvilliers, il faut ajouter deux bonnes heures à ce que propose Ruault. La longueur du face à face explique probablement l’épuisement des parties respectives. On peut penser, toutefois, que ce face à face est asymétrique&amp;nbsp;: si le Roi a du rester entre deux et trois heures et demies face à la foule, il y a probablement eu un renouvellement (et un épuisement progressif) des membres de cette même foule (ainsi, Ruault peut avoir pensé que tout était fini dès 19h30 parce qu'il a parlé ou entendu parler un homme qui avait, pour sa part, quitté avec quelques autres les Tuileries vers cette heure).
&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Voici les quelques éléments de réponses que nous avons pu apporter à ces points techniques. Je crois surtout que nous en avons appris plus sur les raisons de la mort du Roi en voyant cette manifestation incroyable et étrange de l’impasse (et en ce sens, ce long face à face stérile en est une étrange illustration) qu’en étudiant la journée la plus déterminante en apparence.
&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
L’électricité de la journée révolutionnaire a grésillé longuement, mais quel miracle a-t-elle produite&amp;nbsp;? Le culte de l’instant caractéristique de cette période n’est fertile que d’images puissantes&amp;nbsp;; l’instant passé, l’image s’évanouit. Il faut alors de nouvelles étincelles pour avoir un nouvel instant. Ce sera le 10 août. Avant même cette date, il est toutefois intéressant de constater les efforts réalisés pour alimenter à nouveau cette électricité, qui nous est trop souvent présenté comme la chose la plus naturelle du monde.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&quot;footnotes&quot;&gt;&lt;h4&gt;Notes&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/06/19/La-mort-du-Roi-Prologue-III/#rev-pnote-378-1&quot; id=&quot;pnote-378-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] Ibid., p. 158.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/06/19/La-mort-du-Roi-Prologue-III/#rev-pnote-378-2&quot; id=&quot;pnote-378-2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;] Id., Roederer citant ici Mouchet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/06/19/La-mort-du-Roi-Prologue-III/#rev-pnote-378-3&quot; id=&quot;pnote-378-3&quot;&gt;3&lt;/a&gt;] Ibid., p. 159.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/06/19/La-mort-du-Roi-Prologue-III/#rev-pnote-378-4&quot; id=&quot;pnote-378-4&quot;&gt;4&lt;/a&gt;] Ce que Ruault nous disait déjà dans son compte-rendu, pour une fois assez juste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/06/19/La-mort-du-Roi-Prologue-III/#rev-pnote-378-5&quot; id=&quot;pnote-378-5&quot;&gt;5&lt;/a&gt;] Ibid., p. 166. Episode célèbre de la martyrologie monarchiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/06/19/La-mort-du-Roi-Prologue-III/#rev-pnote-378-6&quot; id=&quot;pnote-378-6&quot;&gt;6&lt;/a&gt;] Revue rétrospective, op. cit., pp. 205-208.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/06/19/La-mort-du-Roi-Prologue-III/#rev-pnote-378-7&quot; id=&quot;pnote-378-7&quot;&gt;7&lt;/a&gt;] Ibid., pp. 208-210.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/06/19/La-mort-du-Roi-Prologue-III/#rev-pnote-378-8&quot; id=&quot;pnote-378-8&quot;&gt;8&lt;/a&gt;] Ibid., pp. 210-211.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/06/19/La-mort-du-Roi-Prologue-III/#rev-pnote-378-9&quot; id=&quot;pnote-378-9&quot;&gt;9&lt;/a&gt;] Ibid., pp. 211-213.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/06/19/La-mort-du-Roi-Prologue-III/#rev-pnote-378-10&quot; id=&quot;pnote-378-10&quot;&gt;10&lt;/a&gt;] Notons toutefois que garder le château ne signifiait pas nécessairement se sentir investi de sentiment protecteur à l’égard du roi : cela pouvait être signe, au contraire, d’une certaine méfiance à l’endroit du monarque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/06/19/La-mort-du-Roi-Prologue-III/#rev-pnote-378-11&quot; id=&quot;pnote-378-11&quot;&gt;11&lt;/a&gt;] Dans les citations qui suivent, j’ai conservé l’orthographe d’époque, sans mettre les traditionnels « sics ».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/06/19/La-mort-du-Roi-Prologue-III/#rev-pnote-378-12&quot; id=&quot;pnote-378-12&quot;&gt;12&lt;/a&gt;] Marie-Thérèse, fille de Louis XVI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/06/19/La-mort-du-Roi-Prologue-III/#rev-pnote-378-13&quot; id=&quot;pnote-378-13&quot;&gt;13&lt;/a&gt;] La sœur de Louis XVI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/06/19/La-mort-du-Roi-Prologue-III/#rev-pnote-378-14&quot; id=&quot;pnote-378-14&quot;&gt;14&lt;/a&gt;] Ibid., p. 205.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/06/19/La-mort-du-Roi-Prologue-III/#rev-pnote-378-15&quot; id=&quot;pnote-378-15&quot;&gt;15&lt;/a&gt;] Ibid., p. 208.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/06/19/La-mort-du-Roi-Prologue-III/#rev-pnote-378-16&quot; id=&quot;pnote-378-16&quot;&gt;16&lt;/a&gt;] Ibid., p. 210.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/06/19/La-mort-du-Roi-Prologue-III/#rev-pnote-378-17&quot; id=&quot;pnote-378-17&quot;&gt;17&lt;/a&gt;] Ibid., p. 212.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/06/19/La-mort-du-Roi-Prologue-III/#rev-pnote-378-18&quot; id=&quot;pnote-378-18&quot;&gt;18&lt;/a&gt;] Ibid., pp. 206-208.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/06/19/La-mort-du-Roi-Prologue-III/#rev-pnote-378-19&quot; id=&quot;pnote-378-19&quot;&gt;19&lt;/a&gt;] Ibid, pp. 209-210.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.bigblogger.org/bigblogger/index.php?post/2008/06/19/La-mort-du-Roi-Prologue-III/#rev-pnote-378-20&quot; id=&quot;